Les Dessous de Xen'drik

Confrontation au sommet

Où on active l'arme

Après des jours et des jours de préparation, les héros de la prophétie se mirent en marche pour appliquer le plan qui devrait leur permettre de débarrasser Stormreach des dragons catastrophiques.

Aussi dangereuses puissent-elles êtres, les tâches des quatre factions principales étaient les plus faciles : attirer chacune un des quatre anciens dragons en périphérie de la ville et le vaincre en combat.

Pendant ce temps, les cinq héros s’envolaient à bord des Ailes de la prophétie en direction du cyclone qui servait de nid aux huit dragons et où les quatre plus jeunes semblaient passer le plus clair de leur temps. Le trajet à lui seul fut une épopée. L’équipage de l’aéronef dut affronter le vent, la foudre, la grêle et autres coulées de lave. De peine et de misère, le vaisseau arriva au-dessus de l’œil de la tempête, là où les éléments étaient calmes et même rassemblés en une série de plateformes de glace, de roc ou de sable.

Au milieu de ces plateformes, une autre, à l’allure artificielle, était garnie de quatre statues. Géant, elfe, reptilien, rakshasa, il s’agissait vraisemblablement des représentations de ceux qui avaient sacrifié leurs âmes pour sceller jadis les dragons originaux. La plateforme entière dégageait une forme aura magique.

Graduellement, la brume et la fumée autour des îlots se dissipa. Valtrex eut à peine le temps de voir venir quatre grandes ombres qu’autant de gigantesque dragons, furieux que de simple mortels puissent faire intrusion dans leur lieu sacré, se placèrent pour encerclé le groupe d’aventuriers. La boucherie qui s’annonçait fut stoppée par l’intervention rapide d’Aolani et Dewdrop, qui forcèrent les dragons à les écouter.

L’échange qui suivit fut surprenant pour les deux parties. Les dragons travaillaient activement à libérer Sakinnirot, mais dans le but de le détruire ensuite. Le dais aux quatre statues avait été créé comme une prison où le raja n’aurait pas le choix de se manifester une fois sorti de sa prison millénaire. Cette geôle de résisterait que quelques heures, mais ce serait suffisant à huit dragons gigantesques pour l’éliminer. Du moins, c’est ce que ces derniers croyaient.

Les héros n’eurent pas de difficulté à croire en la sincérité des quatre dragons présents, mais ils doutaient davantage de leurs chances de succès. Aussi puissants et immortels qu’ils puissent être, arrivaient-ils à la cheville des dragons et des couatls qui avaient jadis scellé les seigneurs des rakshasas?

C’est ensemble que les héros et les dragons ont concocté un plan encore plus élaboré. Le rituel serait utilisé pour activer l’arme mais au lieu de sceller es dragons, le stratagème utiliserais les quatre dragons les plus jeunes, prêts à faire le sacrifice, pour être enfermés avec Sakinnirot. Le rituel étant à la base conçu pour piéger des dragons élémentaires, le raja en deviendrait le gardien, dédié à surveiller ses prisonniers jusqu’à ce qu’ils arrivent à se libérer. Si les dragons étaient près à une éternité de captivité, Sakinnirot ne sortirait jamais.

Tout cela n’était pas sans rappeler à Xanaph d’Lyrandar l’histoire derrière la Flamme d’Argent de Thrane, dont on racontait qu’elle avait été créée par le sacrifice d’un couatl dans le but de resceller un seigneur démoniaque. Cette histoire et une relecture des fragments de prophétie observés et ramassés au fil des ans suggéraient que l’intervention d’un couatl soit nécessaire, or le seul couatl connu était Sesstaria, abattue par les héros eux-mêmes un mois et demi plus tôt. Vu les circonstances de son décès, convaincre son âme de revenir ne serait pas chose facile.

La réunion fut vite interrompue par un message télépathique de Bravo d’Sivis signalant que le groupe de mage du Codex écarlate et lui étaient venus à bout d’Imix le dragon volcanique. Cette nouvelle diminuait grandement les chances que le grand dragon accepte de coopérer pour piéger Sakinnirot. Aolani envoya donc vite des messages semblables aux membres des trois autres factions pour leur dire de cesser les hostilités. Les membres de l’Alliance de la lumière et de la Cabale des ombres arrivèrent à se désengager, mais les agents de la Compagnie de la Roue noire, coincés sur la tour volante des Douze, étaient pris au piège par Olhydra le dragon d’eau. Il fallut l’intervention des héros et des autres dragons pour faire cesser le combat, mais il était trop tard pour Sangri d’Medani, noyé dans l’aura du dragon.


Après quelques jours de repos et de négociations supplémentaires, il était temps de mettre en œuvre le plan développé conjointement. Un rituel long et difficile, marqué par un profond discours de Xanaph vantant les interactions entre les races plutôt que la préservation du statu quo à tout prix. Ramenée sur Eberron, la couatl vouait encore une rancune sévère envers les héros, mais elle savait reconnaître qu’il était préférable de mettre cette haine de côté pour le bien du monde.

Quelques semaines plus tard, les dragons annoncèrent que le sceau de Sakinnirot était sur le point de céder. Par des moyens divers, tout le monde se rendit dans l’œil du cyclone, calmé pour l’occasion par ses propriétaires. Il y avait là les huit dragons, les membres des quatre factions, les héros, Sesstaria, Lauraszacrel et, bien sûr, les quatre âmes courageuses prêtes à se faire sacrifier.

Le sol se mit éventuellement à craquer tout autour de Stormreach, annonçant la libération de Sakinnirot. Tel que planifié par les dragons, il se matérialisa heureusement sur le dais cerné des quatre statues, incapable de d’avancer ne serait-ce que d’un centimètre vers l’extérieur. Immédiatement, Lauraszacrel commença à mener le rituel devant activer l’arme tandis que les huit dragons et les membres des quatre factions attaquaient le raja de loin. Les choses ne se passaient cependant pas aussi bien que ce qui était prévu. Si les attaques de ses ennemis incommodaient Sakinnirot, ce n’était guère plus pour lui que des piqûres de moustiques. À la longue, il pourrait finir par en succomber, mais cela prendrait presque assurément plus de temps que ne pouvait en durer le cercle de protection. Tout indiquait que le champ de force qui piégeait le démon réduisait aussi considérablement les attaques envers lui.

Le hic était que Sakinnirot n’était pas totalement impuissant dans sa prison. S’il ne pouvait rien atteindre à l’extérieur de l’îlot, rien ne l’empêchait de le faire indirectement en utilisant ce qui se trouvait à l’intérieur. D’un coup, il trancha simultanément la tête des quatre statues enfermées avec lui. Les quatre volontaires pour le rituel tombèrent raide morts, interrompant précipitamment l’activation de l’arme. Réduisant les restes de statues en poudre, il la souffla au visage des dragons catastrophiques. La représentation de ceux qui avaient autrefois été les geôliers des dragons lui permit de prendre le contrôle de leurs actions. Il commença par les envoyer mettre la ville à feu et à sang, poussant les membres des quatre factions, d’un commun accord, à partir à leurs trousses pour les arrêter une fois de plus.

Lorsque les héros s’apprêtaient à resserrer la garde autour de Sakinnirot, il rappela les dragons les plus jeunes et leur murmura d’éliminer ces pestes. Le combat épique évité plus tôt n’aurait donc été que reporté de quelques semaines. Courageusement, Rowan tint les dragons à l’écart de ses compagnons pendant qu’ils se battaient aux côtés de Lauraszacrel et Sesstaria, assommant les bêtes l’une après l’autre.

Pendant et après ce combat, Sakinnirot était jubilant. L’arme restait dormante, les dragons ne pourraient rien faire l’enfermer avec eux et sa prison temporaire disparaîtrait d’un moment. Rien, semblait-il, ne pourrait l’empêcher de redevenir le seigneur incontesté du nord de Xen’drik.

C’est alors que Sesstaria repris sa forme d’humaine ailée en s’approchant de l’arme dont le rituel avait stoppé. Levant dans une main la lame de sa jeune “sœur” Lauraszacrel, elle affirma que, si la prophétie plaçait les couatls au centre des quatre races ayant jadis activé l’arme, alors son sang devrait supplémenter celui que les autres participants avaient déjà versé. D’un geste, elle le trancha la carotide, puis s’agrippa solidement aux rebords de l’arme pour s’assurer qu’aucune goutte de sang ne soit perdue. Dans son dernier souffle, alors que l’arme s’activait pour la première fois depuis des millénaires, elle répéta quelque chose qui se trouvait aussi au centre des quatre pôles d’une manifestation de la prophétie : “Vous seuls pouvez.”

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Borris

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