Les Dessous de Xen'drik

Inspirés expirés (1 de 2)

Où on pousse la supercherie un brin trop loin

Près d’une semaine après avoir laissé derrière eux les ruines de Mel-Aqat, les cinq aventuriers quittaient enfin le désert de Menechtarun pour arriver dans une région montagneuse donnant sur une étroite baie. De l’autre côté de l’étendue d’eau se dressait une grande ville dotée d’une dizaine de grandes tours, toutes éclipsées par le monolithe de quelque deux cents mètres se trouvant derrière. Sans nul doute, il s’agissait là de la cité riédrane de Dar Qat.

En faisant le tour de la baie à travers les collines pour s’approcher discrètement de la ville, les aventuriers ont été la cible d’une attaque venant non pas de Dar Qat, mais plutôt des pentes derrières eux. Le groupe d’assaillants était composé de goliaths, d’une poignée de nains à la peau noir de jais et d’un petit humanoïde couvert de chitine. S’exprimant dans une langue inconnue, ils s’en sont étrangement pris uniquement à Rowan et Xanaph. Par contre, en voyant tous les compagnons prendre les armes pour se défendre, le petit insectoïde utilisa quelque sorte de pouvoir psionique pour mettre tout le monde inconscient. Rowan résista à cette attaque, mais tomba sous la somme de dards empoisonnés lancés par les nains couleur charbon.

Ce n’est qu’un bon moment plus tard que tout le monde se réveilla dans une caverne à quelques pas de là. Ayant compris que personne ne comprenanait sa langue, Mearades, la goliath qui semblait être la chef du groupe essaya de leur parler dans la langue des géants avec davantage de succès. Le malentendu venait du fait que sa bande et elle étaient en fait des escalves de Dar Qat en fuite. Après avoir vécu dans la servitude pendant des années, ce n’est que lors d’une expidition à l’extérieur de l’enceinte de la cité et grâce à un effort de volonté phénoménal que Mearades a pu concevoir l’Idée de s’affranchir de l’esclavage. L’instant d’après, elle tuait ses maîtres, forçant les autres esclaves du groupe à la suivre. En appercevant une drow, une goliath et une pixie voyager avec ce qu’elle croyait être deux humains, elle pensait bien faire en tentent de mener une opération de libération.

L’altercation a quand même eu de bon que les aventuriers de Stormreach ont pu en apprendre beaucoup à propos de Dar Qat. La société y était divisée en caste : 12 inspirés, quelque 700 vaisseaux, des milliers de citoyens et presque autant d’esclaves. Les aventuriers en apprirent aussi beaucoup sur plan de la ville, ses effectifs militaires, sa religion, etc. La présence d’esclaves évadés permit même à Aolani de compléter un rituel qui permettrait à tout son groupe de comprendre et parler la langue des gens de Riedra.

Pendant que Rowan attendait que l’antidote au poison des nains fasse effet, les quatre autres aventurières se dirigeaient vers Dar Quat. Il fallut beaucoup de temps pour trouver un brèche fiable entre les patrouilles de gardes sur les murailles, mais l’entrée se fit finalement sans problème. Un fois dans les rues de la ville, la sécurité devenait pratiquement nulle. Nains, goliaths et membres d’autres races vaquaient à leurs occupations sans contraintes ni surveillance. Dewdrop profita de ce climat détendu pour partir à la chasse aux informations. La récolte fut bonne, car elle permit de découvrir que les fresques de Mel-Aqat étaient susceptibles de ce trouver dans seulement deux des douze tours de la ville. Aolani enchaîna avec le même rituel de déception qui avait permis au groupe de se faire passer pour des jeunes géants de pierre, cette fois pour avoir l’air de quatre vaisseaux. Un autre rituel, de divination celui-là, indiqua laquelle des deux tours avait le plus de chance de renfermer l’information convoitée. Et plus le groupe progressait, plue la couronne de Valtrex lui murmurait qu’elle approchait du but. Tout se déroulait merveilleusement bien.

Arrivés à la tour, les aventurières se rendirent compte que la journée de travail venait de se terminer alors que les vaisseaux et les simples citoyens sortaient par dizaine. Les quelques rares individus qui désiraient entrer se faisaient demander leurs papiers par les gardes à l’intérieur. Impossible de passer par là sans attirer l’attention. Par contre, le groupe trouva un peu plus loin une porte secondaire qui devait servir pour les livraisons et qui n’était surveillé que par un seul garde. Uncoup bien placé de Dewdrop suffit pour lui faire perdre conscience.

À l’intérieur, le garde inconscient fut caché au fond d’une pièce remplis de caisses contenant nourriture, fournitures de bureau et autres. Un escalier de service partait de ce depôt, mais n’atteignait que le dixième étage d’une tour qui en comptait une quarantaine. Un ascenceur magique traversait l’édifice en son centre, mais à en croire l’information amassée par Dewdrop, seuls les inspirés et les vaisseaux possédaient le focus donnant accès aux derniers étages. Redescendant au rez-de-chaussée pour voir si elles n’auraient pas raté quelque chose, les héroïnes tombèrent nez à nez avec trois vaisseaux. Avant que l’alerte ne puisse être donnée, ils se retrouvèrent assommés, détroussés de leurs biens et cachés dans un recoin à côté du garde. Aolani répéta son rituel, histoire de faire correspondre les illusions aux apparences des trois humains, tandis que Dewdrop se cachait dans la poche de Valtrex. Tous les vaisseaux avaient sur eux un badge magique, qui pouvait bien servir de focus pour l’ascenceur. Malheureusement, Aolani n’ayant pas eu accès à un exemple de texte en riédran au moment de lancer son rituel de compréhension des langue, personne n’arrivait à déchiffrer les phrases inscrites sur les badges.

Le groupe se rendit donc vers la porte d’ascenceur du rez-de-chaussée, se servit d’une des cartes pour en ouvrir la porte et… se retrouva face à un grand homme vêtu de pourpre entouré de trois soldats en armure. À son accoutrement et son assurance, il n’était pas difficile de reconnaître là l’un des inspirés à la tête de la colonie. L’inspiré fit alors simplement signe aux trois “vaisseaux” de monter à bord. Méprenant leur surprise pour du respect à son égard, il ajouta qu’il y avait suffisamment de place pour tout le monde et qu’il serait ridicule de faire patienter ses sujets inutilement dans un corridor vide alors que lui et eux se rendaient à la même réunion.

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