Les Dessous de Xen'drik

Classe verte
Où on trouve un vaisseau de courtoisie

Après avoir sauvé le frère Bristol des blessures que lui avaient infligés les sahuagins de K’shegla, les aventuriers se retrouvaient avec une vingtaine de moines et de marins entassés dans la chambre froide qu’était devenu leur ancien bar. Une nuit de sommeil relativement confortable plus tard, Bristol décida que la meilleure chose à faire était d’emmener tout le monde au temple de l’Ost souverain de Prima Amberleaf, même si plusieurs des membres de son groupe étaient des fidèles d’autres religions. Pour assurer la sécurité de tout le monde, il demanda aux aventuriers du servir d’escorte armée sur le chemin.

Malgré les rues glacées patrouillées par bon nombre de géants de froid et autres créatures élémentaires, aucun ne fit signe de vouloir se battre. Il en alla de même quand, après avoir franchi la limite entre deux districts, la température monta de 30 degrés et que les patrouilles furent plutôt composées de géants de feu.

Au départ, Bristol hésitait à amener avec lui les compagnons, dont deux, Aolani et Valtrex, prient ouvertement des dieux des Sinistres six, à l’intérieur du temple. Cependant, en les entendant discuter entre eux de prophécie, d’arme secrète et de rakhshasas, il jugea qu’une rencontre avec Prima Amberleaf s’imposait.

Cette dernière les reçut comme s’ils avaient été des fidèles de son église. MIse au courant de leurs difficultés par Bristol, elle décida de leur montrer la puissance de la magie des deix de la civilisation. Autour d’un grand bassin d’eau bénite, elle compléta un long rituel, puis commença à poser des questions. La première révéla qu’il y avait pas moins de trois rakshasas vivant autour de la ville de Stormreach. Leurs noms, Marishantar, Lorishto et Sakinnirot, ne disaient rien à personne, mais quelques questions supplémentaires permirent d’apprendre que le rakshasa qui avait à l’époque sacrifié son âme pour sceller les dragons élémentaires l’avait fait pour briser une partie de la prison de Sakinnirot.

Le rituel terminé, madame Amberleaf promit aux aventuriers de leur laisser poser d’autres question, ou même de leur enseigner comment faire, en échange d’un service pour l’église de l’Ost souverain. L’alliance de la lumière avait autrefois trouvé dans les jungles de Xen’drik un ancien aéronef, l’Éthérée. Celui-ci était maintenant entre les mains de g.ants de pierre quelque part au nord-ouest de Stormreach. Amberleaf demandait donc aux compagnons de découvrirent où était garder le vaisseau et de le ramener dans un endroit caché où les gens de l’Alliance y auraient accès lorsque nécessaire. Voyant là une offre raisonnable, les héros se mirent en route vers le district contrôlé par les géants de pierre.

Chemin faisant, Dewdrop posa toutes sortes de questions pour voir ce qui se disait à propos des seigneurs qui dirigeaint chacun des districts de Stormreach, maintenant pour le compte des dragons élémentaires. Ce qu’elle entendit était aussi confus qu’invraisemblable. Un des seigneurs serait un figitif responsable de la mort d’un prince de Brélande. Un autre aurait manifesté le dracogramme d’une des maisons marquées. Un d’entre eux serait secrètement un prêtre de l’Église du Sang de Vol et un autre serait un espoion à la solde du plan des cauchemars. Enfin, une dernière rumeur insistait qu’un des seigneurs serait en fait un rakshasa déguisé. Impossible par contre de dire lesquelles de ces rumeurs étaient fondées et lesquelles s’appliquaient auquel des cinq seigneurs.

En fouillant le bon quartier, les compagnons trouvèrent l’endroit qui servait maintanant d’archive pour les géants de pierre. Entrer et fouiller la place aurait été relativement facile malgré les gardes, sauf que le hall d’entrée avait été transformé en salle de classe pour jeunes géants et que des cours s’y donnaient au moins seize heures par jour.

Plutôt que de forcer leur entrée et d’alerter tous les gardes des environs, Xanaph proposa qu’on utilise un des rituels trouvés chez les aberrations vivant sous l’Anneau des tempêtes pour donner l’Illusion que le groupe était composé de quatre jeunes géants de pierre, Dewdrop se dissimulant dans la poche d’Aolani.

Pendant de longues heures, les quatre compagnons durent faire semblant d’écouter attentivement un long monologue sur l’histoire des géants, mais les choses se corsèrent quand l’enseignant fit passer la classe aux travaux pratiques. mLes géants de pierre étant capables de durcir leur peau pour encaisser momentannément les coups les plus forts, le professeur distribua des massues de pierre et ordonna à ses élèves de commencer à se taper dessus. Valtrex dut invoquer l’aide des esprits de la nature pour éviter de se faire remarquer et Aolani put heureusement utiliser ses habiletés proches de celles des géants pour résister aux coups de massue. Rowan s’attendait à être démasqué tout de suite, mais il donna la performance de sa vie et fut même félicité par l’enseignant.

Éventuellement, Valtrex trouva un prétexte pour se rendre dans la réserve du bâtiment. Rapidement, elle s’arrangea pour y amener Dewdrop afin que la pixie puisse prendre le temps de trouver les documents traitant de l’Éthérée. La recherche fut longue et difficile dû au fait que Dewdrop ne comprenait pas la lnague des géants, mais elle ramassa tout de même quelques documents dont elle était certaine qu’au moins un contenait l’Information recherchée.

Il n’était pas trop tôt, puisque l’Illusion tissée par Xanaph commençait déjà à faiblir. Combinant leurs efforts, les compagnons firent croire à un incendie dans la réserve et profitèrent de la confusion pour prendre la poudre d’escampette.

À la sortie de la ville, les compagnons tombèrent sur une patrouille de trois géants de pierre postés là pour empêcher les habitants de s’éloigner de Stormreach. Par malchance, le rituel d’illusion choisit le moment où l’on s’aprêtait à discuter avec les géants pour cesser de fonctionner. L’altercation dégénéra vite en combat au cours duquel les compagnons subirent de nombreuses blessures, mais où tous les g.ants furent assommés. Après leur avoir fait les poches, Valtrex prit le temps de les égorger un par un pour s’assurer qu’ils ne puissent plus jamais être une menace pour qui que ce soit.

Les tablettes de pierre trouvées sur les géants n’apportaient que peu d’information sur l’emplacement actuel de l’Éthérée, mais les traces que les géants avaient laissées dans l’herbe donnaient une piste facile à suivre pour quelqu’un comme Rowan. Le chemin mena les aventuriers à l’aéronef, au fond d’un cratère où se trouvait une géante discutant à voix haute avec des plantes animées et des insectes géants. Elle semblait occuppée à sauver les plantes et les arbres que l’anneau élémentaire du vaisseau faisait dépérir. Tout comme un des gardes à la sortie de la ville, elle était à moitié recouverte de vignes et de lichens qui lui poussaient directement sur le corps.

Les héros purent s’approcher à l’abris d’un ensemble de rochers, mais ils furent remarqués dès que l’un deux sortit à découvert. Pour la seconde fois cette nuit, le groupe lutta contre un géant de pierre et, comme plus tôt dans la soirée, tout le monde sauf la géants s’en sortit indemne. À l’aide d’acrobaties, les membre du groupe grimpèrent les câble menant sur le pont du vaisseau, où Xanaph s’assura que tout était encore en état de marche.

Avant d’aller le dissimuler et d’en révéler l’endroit à Primar Amberleaf et à l’Alliance de la lumière, cependant, les compagnons avaient une utilisation à faire avec leur aéronef : se diriger au nord de Stormreach et intercepter le Codex écarlate pour reprendre le vaisseau qui leur avait été repris lors du voyage à Sharn.

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Retour à Stormreach
Où on découvre la nouvelle administration

Après un périlleux voyage passant par un raccourci à travers le plan des ombres, Dewdrop, Rowan, Valtrex, Xanaph et Aolani ramenèrent leurs faucons-dragons sur le plan matériel pour terminer le voyage vers Stormreach. À moins d’une journée de leur destination, les héros virent le ciel devant eux se couvrir d’épais nuages gris parcourus de ce qui semblait parfois être des blizzards et parfois des tempêtes de sable.

De son regard perçant, Rowan remarqua un objet massif qui semblait fuir l’avancée de la tempête en se dirigeant droit vers les cinq aventuriers. Au risque de devoir affronter les intempéries, le groupe attendit sur place quelques minutes pour voir plus clairement en quoi consistait l’objet qui approchait. Celui-ci se révéla être un aéronef de la maison Lyrandar. Vue leur récente expérience avec les membres marqués de la Compagnie de la roue noire, les compagnons étaient réticents à interagir avec quelqu’un d’une de leur familles, mais Xanaph convainquit le groupe qu’il y avait tout à gagner à essayer de leur venir en aide.

Alors que l’aéronef arrivait à quelques dizaines de mètres des compagnons et qu’il commençait lentement à distancer la tempête, celle-ci se condensa en six masses qui prirent rapidement l’apparence d’autant de dragons, chacun plus gros qu’un cheval. Trois d’entre eux semblait fait de terre et de pierres et volaient si maladroitement qu’ils n’avaient aucune chance de rattraper le vaisseau. Les trois autres, cependant, étaient faits d’un mélange de givre, d’eau et de nuages et ils filaient bien plus vite que ne le pouvait l’aéronef.

Sur le pont arrière, quelques personnes tentaient de descendre les dragons à coups de flèches ou de baguettes magiques, ce qui n’empêcha pas les trois bêtes d’atteindre le vaisseau et de commencer à lacérer autant l’embarcation que ses occupants. Sur le côté du vaisseau, les compagnons aperçurent nul autre que Xillich d’Lyrandar. Se tournant vers Xanaph, il l’implora de le sauver, promettant plus de pouvoir et de richesses que sa cousine ne pouvait imaginer. D’un signe de tête, la demi-elfe indiqua au reste de son équipe qu’elle n’avait aucunement l’intention de faire confiance à ce traître. Rowan prit cela comme une permission tacite de s’en prendre personnellement à Xillich. Il fonça donc sur le pont pour entrer en duel avec le maître de l’aéronef.

Pendant ce temps, Dewdrop et Xanaph taillaient en pièces le plus blessé des dragons. À défaut de leur faire aussi mal, Valtrex empêcha les deux autres d’agir, en contrôlant mentalement un momentanément et transformant l’autre en rongeur inoffensif assez longtemps pour qu’il encaisse une chute de plus de cinquante mètres jusqu’à la surface de la mer.

Solide comme le roc, Rowan encaissa plusieurs coups de Xillich sans fléchir et finit par avoir le dessus sur son adversaire. D’un coup de marteau, il lui enfonça la clavicule dans la cage thoracique. Crachant une bonne rasade de sang, Xillich promit qu’il aurait sa vengeance avant de s’effondrer raide mort sur le pont.

Les trois dragons d’air tombèrent aussi, mais l’aéronef endommagé se trouvait remarquablement ralenti. Heureusement pour ce qui restait de son équipage, c’était encore plus rapide que le vol des dragons de pierre, qui firent éventuellement demi-tour dans la direction générale de Stormreach.

L’équipage remercia chaleureusement ses sauveurs et, s’ils se plaignaient d’avoir perdu leur capitaine, les marins de semblaient pas trop peinés par le sort qu’on avait réservé à Xillich. Le second expliqua que les dragons élémentaires qui régnaient maintenant sur Stormreach avaient émis un décret empêchant à quiconque de quitter les alentours de la ville. Sentant ses intérêts menacés, Xillich avait rassemblé tous ceux prêts à prendre le risque de filer à bord d’un aéronef Lyrandar.

Malheureusement, dans l’état actuel et malgré quelques réparations sommaires effectuées par Dewdrop et Xanaph, l’aéronef endommagé ne pourrait jamais se rendre jusqu’au Khorvaire. Les compagnons l’escortèrent donc jusqu’à l’Anse-aux-Trois-Barils, une petite ville sur une île à quelques heures au nord de Stormreach. On n’y trouverait pas de quoi réparer le navire complètement, mais l’équipage y serais au moins à l’abri des dragons dans l’immédiat.

Pendant leur escale, Aolani reçut un message télépathique du frère Bristol. Depuis plusieurs jours, il essayait désespérément de contacter un allié dans le rayon d’action de son rituel de message. Depuis l’arrivée des dragons colossaux, les sahuagins d’en donnaient à cœur joie dans la zone du port de Stormreach. L’Héritier de Siberys, quartier général de l’Alliance de la lumière à Stormreach était depuis un bon moment assiégé par les troupes de K’shegla. À cours de vivres et épuisés par le siège, les membres de l’Alliance ne se battaient plus qu’avec l’énergie du désespoir.

Les cinq aventuriers reprirent donc leurs faucons-dragons et mirent le cap sur Stormreach. Le groupe fut vite encerclé de dragons élémentaires de toutes sortes, mais ceux-ci se contentèrent de les escorter jusqu’aux abords de la ville. Stormreach avait peu changé, sauf pour l’énorme maelstrom de flammes, de pierres et de nuages qui tournoyait lentement au-dessus d’elle. Dans les rues, des traces de chaos récents étaient visibles, mais la vue d’ensemble était relativement normale pour Stormreach. Les gardes de la ville avaient cependant été remplacés par des géants de toutes sortes: de feu, de froid, de pierre et plus encore.

Dans la baie au sud du port, le colossal Héritier de Siberys était assailli par des dizaines de sahuagins à la fois. Si leur avancée était presque entièrement freinée par une poignée de guerriers tels que Flamberge et Myriam, le tout ne semblait qu’une grande distraction pour ce qui se passait sous la surface des eaux. En effet, une poignée d’autres sahuagins était en train de percer le dessous de la coque, laissant l’eau s’infiltrer dans le navire. Sur le pont, Bristol repéra ses anciens alliés dans le ciel, mais il n’eut pas le temps de faire plus que de leur envoyer un signe de la main avant que l’Héritier ne commence à sombrer. Invitant tous les survivants de son équipage à le suivre dans le bateau, Bristol se barricada à l’intérieur, dans l’espoir qu’on viendrait le sauver.

Le geste de Bristol parut quasiment suicidaire pendant un instant, jusqu’à ce qu’on se souvienne qu’il connaissait un rituel permettant de respirer sous l’eau. Afin de venir en aide à aux autres membres d’équipage de l’Héritier de Siberys, les héros se posèrent dans le secteur du port qui se trouvait désormais à moitié englouti. Le temps de descendre des faucons-dragons et de compléter un rituel encore plus efficace que celui de Bristol, tout le groupe nageait à toute vitesse au fond de la baie.

En chemin, ils durent combattre plusieurs archontes d’eau, humanoïdes élémentaires venus d’un autre plan. Plus loin, ce fut un groupe de sahuagin menés par un prêtre du Dévoreur qui tenta de leur barrer le chemin, prétextant qu’ils ne devaient laisser personne se mettre dans les jambes de K’Shegla. L’unité d’hommes-poissons fut rapidement vaincue, tout comme plusieurs autres se trouvant entre l’ancien port et l’épave descendante du vaisseau de l’Alliance de la lumière.

Quand on arriva enfin en vue de la nouvelle épave, elle était déjà entourée d’une centaine de sahuagins qui tentaient tant bien que mal de percer la coque à l’aide de dagues et de tridents pour en extraire les derniers occupants. Sur le dessus du navire se tenaient deux prêtres de Dévoreur criant des ordres aux ouvriers. Il y avait entre les deux un elfe à la peau bleu pourvu de quatre bras et de dents aussi acérées que celles d’un sahuagin, un mélange étrange qui ne pouvait que décrire K’Shegla, le chef actuel des sahuagins de Stormreach.

Les héros s’en prirent rapidement au baron et à ses deux prêtres mais, pendant ce temps, une poignée de guerriers sahuagin avaient réussi à ouvrir dans la coque une brèche assez grande pour y entrer. Flèches et jets de lumière jaillissait régulièrement de l’ouverture, ramassant de temps en temps un sahuagin au passage, mais les diables des mers réussirent tout de même à attraper le bras d’une femme et à la tirer hors de la carcasse du vaisseau. Entourée de dizaines de sahuagins rendus fous par la vue et l’odeur du sang, Rupa cessa de se débattre après quelques secondes à peine.

Le temps que la mort d’un des prêtres laisse aux aventuriers l’occasion de se porter au secours direct des gens de l’Alliance, c’est le frère Mahdi qui subissait le même sort. De justesse, les héros s’interposèrent alors que les sahuagins commençaient à malmener le frère Bristol. Les trois leaders sahuagins vaincus et le chemin vers leurs proies inaccessible, les derniers guerriers battirent en retraite.

Flamberge, Myriam et les quelques acolytes survivants aidèrent les compagnons à transporter Bristol, de même que les dépouilles de Rupa et Mahdi jusqu’à leur ancienne taverne. Les deux logements du dessus étaient maintenant occupés par des géants de froid et le plancher du bar au sous-sol était recouvert d’une couche de glace de près d’un mètre, ce qui rendait le plafond beaucoup trop bas pour les gens comme Aolani et Flamberge. Il s’agissait toutefois sans doute de l’endroit le plus sécuritaire des environs pour le moment et dans tous les cas d’une bonne place où se tenir pour planifier la suite des événements.

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Le temps de partir
Où on dit au revoir à la ville de Sharn

Suite à la perte de leur aéronef aux mains des membres du Codex écarlate, les cinq alliés de l’Alliance de la lumière se mirent immédiatement au travail pour retrouver leur vaisseau et l’arme ancienne qui se trouvait à bord.

Aolani commença par réaliser un rituel de communication pour la mettre en contact avec Keptolo. Ce dernier avait résisté à la prise de contrôle du véhicule en se cachant au fond de la cale et en pigeant à l’occasion dans les abondantes réserves de provisions. Sans fenêtre dans la pièce où il se trouvait, il ne pouvait dire par où le vaisseau s’en allait, seulement qu’il avait pris vers le sud en quittant la ville des tours.

La principale source d’information arriva du gnome travaillant comme gardien sur les quais d’aéronefs. Bien que réticent au premier abord, il se laissa convaincre par les arguments de Dewdrop, aidée des talents naturels de Xanaph, et commença à cracher ce qu’il savait des nouveaux propriétaires du vaisseau. Alors que Rowan donnait un coup de main à la distraction, Valtrex allait dévaliser les classeurs du bureau pour retrouver les papiers d’embarquement du Codex.

Ces derniers indiquaient que Thalas et ses compagnons faisaient route vers l’île d’Aerenal pour rendre visite à la famille de l’elfe. Par contre, une enquête plus approfondie menant le groupe dans les boutiques et les auberges fréquentée par les membres du Codex au cours des derniers jours montra qu’ils planifiaient un voyage beaucoup plus long qu’un vol vers Aerenal, fort probablement un retour jusqu’à Stormreach ou ailleurs en Xen’drik.

Alors que les cinq compagnons fouillaient les chambres d’auberge laissées vacantes par les membres du Codex, ils furent interrompus par les membres marqués de la Compagnie de la roue noire qui les avaient interceptés à la sortie de l’Université Morgrave deux jours plus tôt. Ces derniers avaient eu vent de la disparition des Ailes de la prophétie et venaient demander par quel autre moyen les compagnons comptaient s’acquitter de leur part de l’entente conclue plus tôt. Quand les compagnons répondirent qu’ils n’avaient plus l’intention de collaborer, le leader des autres, un grand homme marqué du dracogramme de la sentinelle, ordonna à ses alliés de passer à l’attaque.

Le combat s’étendit rapidement à tout l’étage, puis au rez-de-chaussée de l’auberge, en bonne partie dû au fait que plusieurs des combattants se sont retrouvés projetés en bas de la mezzanine. Tandis que les employés de l’auberge se barricadaient derrière les comptoirs et que les clients fuyaient sans payer leur addition, les agents de la Compagnie, partis en force, perdaient peu à peu du terrain face à leurs adversaires au travail d’équipe supérieur.

Quatre des membres du la Compagnie gisant bientôt inconscients sur le sol et la cinquième s’étant enfuit, les compagnons ne demandèrent pas leur reste et, après avoir fait les poches de leurs derniers adversaires, ils quittèrent bien vite le quartier pour se mettre à l’abri des représailles de la Compagnie de la roue noire. Dans leur refuge temporaire, les compagnons réfléchirent à la meilleure façon de rattraper un aéronef en route vers Xen’drik avec déjà deux jours d’avance. Il était hors de question d’acheter ou de voler un autre vaisseau et toute collaboration avec la Compagnie de la roue noire était désormais à oublier.

Rowan et Valtrex se souvinrent alors de l’existence d’une monture capable de rivaliser en vitesse avec leur ancien vaisseau: le dragon-faucon d’Aundair. Ces majestueux reptiles à plumes ne sont utilisés que par les autorités d’Aundair et par les druides des confins d’Eldyne. Tandis qu’Aolani et Veltrex commençaient le travail d’assimilation des livres de rituels laissés derrière par les agents de la Compagnie, Dewdrop, Rowan et Xanaph partirent donc à la recherche de faucons-dragons quelque part sur le marché noir de Sharn.

Après plusieurs heures, elles apprirent l’existence d’un lieu appelé la Clinique d’herpétologie. Officiellement marchand et vétérinaire pour créatures reptiliennes, l’arrière-boutique débouchait supposément sur une réserve de monstres rares et sur une arène où les bêtes pouvaient se battre entre elles ou contre les visiteurs. Après de nombreux euphémisme et une généreuse donation, le trio fut autorisé à accéder aux pièces cachées. Là-bas, on vit nombre de reptiles beaucoup plus grand et dangereux que ce qui se trouvait à l’entrée, mais également des créatures intelligentes comme des yuan-tis et des drakkoths, êtres reptiliens à six pattes retrouvés en Argonessen et dans la jungle de Q’bara.

Bien que le maître de la ménagerie essayait de le cacher, Rowan réalisa qu’il avait les doigts de la main droite renversés par rapport à la normale. Était-ce là un signe qu’il s’agissait d’un rakshasa? Quoi qu’il en fût, il était prématuré de lui demander de sacrifier son âme éternelle pour une arme que les compagnons n’avaient même plus en leur possession. Xanaph s’acquitta donc des quelques milliers de pièces d’or nécessaires à l’acquisition de quatre dragons-faucons, une bonne partie de cette somme provenant des poches des agents de la Compagnie de la roue noire, et amenèrent les montures discrètement à l’extérieur de Sharn.

Pendant ce temps, Aolani et Valtrex prévoyaient éplucher les rituels contenus dans les livres de ces mêmes agents. Un d’entre eux avait piqué particulièrement leur attention. Contenu dans le grimoire de l’éladrine de la famille Phiarlann, il s’agissait d’un rituel permettant de raccourcir n’importe quel trajet en coupant, malgré les risques que cela implique, par Dollurh, le plan des ombres. En cherchant un endroit sûr où s’Inatller, elles tombèrent cependant sur une galerie d’art tenant une exposition d’hommage posthume à Anthroparaio. Organisée par les anciens mécènes de la méduse, Nantic et Dora Mroranon, l’exposition récoltait un succès fou. Avec ce qui se passait à Stormreach en ce moment, les deux nains avaient pris pour acquis que la peintre était déjà morte ou, du moin, qu’elle ne remettrait jamais les pieds au Khorvaire. Nantic Mroranon insinua doucement qu’il valait mieux de pas tenter d’aller la secourir.

Quoi qu’il en soit, Aolani et Valtrex réussirent à saisir les détails du rituel de voyage dans les ombres. En combinant les nouvelles montures et ce rituel, il devait théoriquement être possible d’arriver à Stormreach avec près de deux semaines d’avance sur l’aéronef du Codex écarlate, en supposant bien sûr qu’ils se dirigeaient bien eux aussi vers Stormreach.

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L'arroseur arrosé
Où les choses reviennent presque à la normale

Rejointes par Rowan, les aventurières profitèrent de l’hospitalité du frère Edwin pour se cacher dans la sacristie de ce dernier et ainsi rester à l’abri des regards de ceux qui voulaient mettre la main sur le groupe. Les quelques excursions à l’extérieur de Dewdrop montraient effectivement que plusieurs groupes d’investigateurs étaient sur leur piste, de même que certains mercenaires embauchés par la Compagnie de la roue noire.

En attendant le rendez-vous avec le professeur Adam Biller à l’Université Morgrave, le groupe décida d’aller infiltrer la voûte de la maison Cannith dont Gregg d’Cannith leur avait laissé la clé. À l’intérieur se trouvaient plein d’objets magiques scellés dans des alcôves dû au danger qu’ils représentaient pour leurs utilisateurs. Prenant leur temps, Dewdrop, Xanaph et Valtrex désactivèrent les champs de force protégeant les objets pour les récupérer un à un. Si la visite d’un simple gardien de sécurité ne posa pas de problème (Rowan l’assomma d’un bon coup de marteau), il en alla différemment quand la main de Dewdrop glissa et qu’une alarme silencieuse fut déclenchée. Prenant leurs jambes à leur cou, les cinq compagnons filèrent hors du complexe, avec dans leur sac un grand bouclier d’argent, une statuette d’éléphant en marbre noir (immédiatement adoptée par Aolani), une couronne en obsidienne et un étrange jeu de stratégie.

Les jours passèrent sans encombres jusqu’à la nuit précédent le rendez-vous avec Biller. Quelques heures avant le lever du Soleil. Quelqu’un cogna à la porte de l’église du frère Edwin. Tiré de son sommeil, le vieux prêtre ouvrit à deux officiers de la garde accompagnés de quatre forgeliers et d’un ogre portant l’uniforme d’un mercenaire Tharashk. Le prêtre tentant de les convaincre de revenir plus tard, mais lorsque le garde en charge lui montra le mandat d’arrestation émis à l’endroit des cinq compagnons, il n’opposa aucune résistance.

Les cinq aventuriers furent à moitié surpris d’apprendre qu’ils étaient recherchés pour tentative de meurtre envers Leucis de Deathsgate (apparemment le véritable nom d’Omen) et de ses compagnons. Feignant d’obtempérer juste assez longtemps pour se mettre en position, les cinq sortirent leurs armes et se débarrassèrent relativement facilement de la menace venue les arrêter. Edwin revint dans l’église, extrêmement mal à l’aise, répétant malgré lui que, vu les circonstances, il valait sûrement mieux que ses invités ne quittent les lieux au plus vite avant que d’autres gardes n’arrivent.

Mis à la rue plus de six heures avant la rencontre avec Biller, les compagnons durent trouver un moyen de passer inaperçus et de se rendre à l’université à temps sans se faire intercepter en cours de route. La tâche fut plus difficile que prévue puisque des avis de recherche avaient déjà été collés dans tous les bureaux de messagerie de la maison Sivis, de même que dans nombre de lieux publics. La récompense promise était assez alléchante pour expliquer pourquoi tous les détectives en ville étaient sur le coup. Pour couronner le tout, la tempête tropicale annoncée dans le journal une semaine plus tôt venait d’atteindre la ville de Sharn. Des vents froids et une pluie diluvienne s’abattaient ainsi sur la ville des tours. Les compagnons mirent cependant la météo de leur côté, Rowan ciblant les endroits les plus inhospitaliers du moment pour faire passer le groupe là où il y avait le moins de gens.

Plusieurs heures plus tard, le groupe arriva donc complètement détrempé devant le bureau du professeur Biller. Après les avoir fait sécher et leur avoir fourni gants et sarraus (trop petits pour Aolani, mais juste à la taille de Dewdrop grâce à sa magie), l’archéologue fit pénétrer ses invités dans son laboratoire. Pendant les heures qui suivirent, les cinq compagnons utilisèrent un mélange de magie, d’intuition et de connaissances antérieures pour donner au bon professeur une bonne dose d’humilité. En effet, en une demi-journée de travail, ils réussirent à déchiffrer davantage la signification de la tapisserie ancienne que ce que le groupe d’étudiants de Biller avait pu faire dans les quatre derniers mois.

Aussi réalistes qu’elles puissent être, les fleurs du motif semblaient représenter une trentaine de caractères formant des mots et des phrases dans un dialecte proche de l’elfique. Tout comme les fresques en géant des ruines de Tharkgun Dhak, les fragments déchiffrables de la tapisserie faisaient référence au mode d’utilisation d’une arme. Parmi les passages venant clarifier ou compléter le précédent texte, un spécifiait que le rituel pour activer l’arme en question nécessitait les âmes données librement des membres de quatre races. Un des derniers passages révéla la nature de la quatrième race. En plus de celles d’un elfe, d’un géant et d’un humanoïde reptilien, la machine nécessitait l’âme d’un rakshasa, une sorte d’ancien diable aux pouvoirs magiques puissants et dont les plus dangereux, scellés dans les profondeurs de Khyber il y a plus d’un million d’années, seraient supposément dotés d’une puissance comparable à celle des dieux.

Avant de partir, on convainquit le professeur Biller de toucher directement la tapisserie pour effectuer un rituel de divination. Si cela ne permit pas de vois pourquoi l’œuvre avait été créée ou comment l’utiliser, on apprit qu’elle avait été fabriquée dans un grand atelier rempli d’elfes, sous la supervision de ce qui semblait être un éladrin. On vit aussi qu’au moins un groupe d’aberrations avait déjà vu et déchiffré le code.

Après des heures passés enfermés dans un laboratoire, les compagnons retrouvèrent la lumière du jour à la sortie du pavillon d’histoire et d’archéologie. Le temps s’était encore passablement gâté, avec vents violents changeant de direction de façon imprévisible, mais ce qui frappa le plus le groupe de compagnons fut de voir un autre groupe de cinq leur bloquant le passage. Simultanément, tous ôtèrent ou soulevèrent un morceau de vêtement pour montrer un dracogramme différent: dressage, guérison, ombre, passage et sentinelle. Pour couronner le tout, l’arbalétrier était monté sur une bête massive à mi-chemin entre un dragon et un lion.

Le guerrier Déneith jura qu’on ne leur voulait aucun mal et qu’on ne s’intéressait qu’à l’information que les compagnons avaient à propos de l’arme secrète et de la prophécie draconique, mais les cinq étaient visiblement près à se battre sur le terrain même de l’Université Morgrave si les compagnons résistaient ou tentaient de s’enfuir. La rencontre aurait facilement pu dégénérer en un combat sanglant (Rowan avait son marteau dans les mains dès les premiers échanges), mais les femmes du groupe usèrent plutôt de leurs talents de persuasion pour convaincre leurs adversaires qu’ils avaient tout intérêt à travailler ensemble. Il fut même question d’amener un contingent de la Compagnie de la roue noire sur les Ailes de la prophétie pour sa prochaine expédition. Les cinq guerriers à dracogrammes promirent donc d’aller demander l’avis de leurs maisons respectives et de revenir voir le groupe au quai d’aéronefs le surlendemain.

Les compagnons s’empressèrent alors justement de retourner vers les Ailes, toujours stationnée au sommet de la ville des tours, et ce malgré la tempête qui s’abattait sur la région. Les quais d’aéronefs étaient déserts, à l’exception d’un garde dans sa cabane qui ne daigna même pas mettre le nez dehors quand il vit passer le groupe de cinq.

Alors qu’ils avançaient sur le quai au bout duquel ils avaient laissé leur vaisseau, les compagnons furent assaillis par une volée de gravier propulsé par la tempête. Il s’agissait du signe annonciateur d’un grand dragon formé de nuages et d’élémentaires de pierre et d’air qui se matérialisèrent droit devant. À première vue, il semblait s’agir d’un autre dragon catastrophique comme ceux de blizzard et de volcan aperçus à Xen’drik. Cette hypothèse fut confirmée quand, une fois la bête vaincue (et transformée en zombi par Aolani), la tempête commença presque instantanément à faiblir.

La diminution du brouillard révéla cependant quelque chose d’encore pire que l’attaque d’un dragon: les Ailes de la prophétie avaient tout simplement disparu. Pris de rage, Rowan s’en alla tirer les vers du nez au gardien à l’entrée de l’aéroport. Le petit fonctionnaire fouilla dans ses papiers en tremblant de peur jusqu’à ce qu’il puisse confirmer que le Rietveld avait été repris par son véritable propriétaire, un elfe du nom de Thalas. La seule bonne nouvelle pour les compagnons était que la bande de Thalas, c’est-à-dire le Codex écarlate, avait décidé de ne pas porter plainte contre ceux qui leur avaient pris l’aéronef en premier lieu.

Les compagnons se retrouvaient donc avec une part supplémentaire de l’information permettant d’utiliser l’arme supposément capable de sceller les dragons élémentaires, mais sans l’arme en question et sans moyen évident de la récupérer.

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Les inquisiteurs
Où tout le monde part à la chasse

Avant de partir pour le Khorvaire, les aventuriers des Ailes de la prophétie durent décider qui de leurs passagers les accompagneraient jusqu’au continent du Nord. Surrayana et Lauraszcrel s’étaient déjà mises suffisamment dans le pétrin en désobéissant à leur sœur aînée Sesstaria et avaient toujours une mission à remplir à Xen’drik. Elles décidèrent donc d’y rester pour jeter un œil sur les agissements des autres factions intéressées par la prophétie draconique. Avec un léger regret, Aolani ordonna à sa bête éclipsante zombie de rester avec les deux dames et de les protéger du mieux de ses capacités. Les pixies élémentaires souhaitaient simplement trouver un endroit sécuritaire à habiter et restèrent sur le navire pour le moment. Keptolo, quant à lui, brûlait d’impatience de revoir le Khorvaire et tenait donc à accompagner les compagnons. Il en allait évidemment de même pour Trivial.

Avant de partir, l’équipage fit un détour pour passer en vue de Stormreach. La ville portuaire semblait en proie à une poignée de catastrophes naturelles simultanées. Le volcan dans les montagnes du nord peuplées par des goliaths était encore en éruption, une pluie torrentielle était en train de s’abattre sur la ville, le port était jonché de blocs de glace et on put déceler au moins deux petits tremblement de terre dans les quelques heures passées en vue de la cité. Pour compliquer les choses, des dizaines de dragons de couleurs et de tailles diverses survolaient la ville. Malgré le danger que cela représentait pour eux, on libéra tout de même les otages Sangri d’Medani et Dharmah d’Cannith près de Stormreach, se disant que le risque de se faire prendre avec deux prisonniers de maisons marquées à Sharn était trop grand.

Arrivé en vue du continent du Khorvaire après un long voyage, l’équipage bifurqua vers l’est en direction de Trolanport, la capitale de la nation gnome de Zilargo. Là, on engagea un groupe de guides pour amener les pixies élémentaires jusqu’à Pylas Pyrial, une ville d’éladrins venue du monde des fées, où on avait toutes les raisons de croire que des fées d’un autre plan pourraient aussi trouver leur place. Après cette escale et de touchants adieux, on repartit droit vers l’ouest en direction de Sharn, la cité des tours.

Arrivés au sommet de la centaine d’étages des tours de Sharn, l’aéronef fut amarré à un quai et, après les formalités de frais de douanes et une fouille par les autorités, les compagnons furent invités à descendre. À son grand regret, Aolani se fit informer que les morts-vivants étaient interdits de présence en Brélande. Puisqu’ils étaient intouchables tant qu’ils restaient dans la cale du vaisseau, elle les y laissa pour le moment.

La première chose à faire en descendant du vaisseau fut de prendre une gondole volante et de se rendre à l’Université Morgrave, où les documents trouvés dans les ruines d’Ossiryn avaient été emmenés. Dans le mélange de races hétéroclites venues étudier à la populaire université, le groupe comprenant une goliath, une pixie et une drow ne paraisait que légèrement étrange. Allant d’abord à la bibliothèque, les cinq compagnons trouvèrent beaucoup de livres sur l’histoire de Xen’drik, mais très peu sur la période de transition entre l’Âge des géants et l’Âge des monstres et encore moins sur l’utilisation d’une éventuelle arme capable de vaincre ou de bannir des dragons élémentaires. Suspectant que rien n’ait encore été publié au sujet des artefacts ramenés d’Ossiryn quelques années auparavant, les aventuriers tentèrent d’aller rencontrer les professeurs du département d’histoire et d’archéologie.

Dans les corridors, ils croisèrent un homme corpulent assis dans un fauteuil de bronze mu par une multitude de pattes mécanique. Son bras droit était remplacé par une prothèse de métal semblable aux membres des forgeliers. Se présentant comme le Halfer Blackfriar, professeur d’histoire spécialisé dans l’étude de l’empire de Dhakaan, il se montra à la fois irrévérencieux et très utile. Après une longue anecdote sur comment il s’était fait mutilé par des gnolls cannibales en Droaam, il remit aux aventuriers une référence pour le professeur Arman Biller qui, lui, était un spécialiste de la chute de l’empire des géants à Xen’dik.

Le professeur Biller devait être important au sein de l’équipe de l’université puisqu’il disposait d’un grand bureau attenant à un immense laboratoire dans lequel s’affairaient des étudiants et étudiantes de différentes races. Acceptant de recevoir les visiteurs dans son bureau, le professeur se trouva vite captivé par les récits de découvertes d’anciennes fresques à Xen’drik et de la visite des ruines d’où provenaient justement les artefacts qu’il étudiait présentement. Il n’était pas contre l’idée de permettre aux aventuriers de voir les fresques par eux-mêmes, mais il leur avisa qu’il attendait le dépôt imminent des rapports d’analyse de certains de ses étudiants et qu’il serait sans doute plus intéressant pour les visiteurs de revenir une fois qu’il serait possible de regarder tout cela. Biller leur donnan donc un rendez-vous pour la semaine suivante.

Avant de quitter l’université, Xanaph emmena ses allés rendre visite à un allié de longue date, Rikard ir’Vlassek, professeur d’histoire et généalogiste à Morgrave. Il fut ravi de revoir la demi-elfe en personne et tenta du mieux qu’il le pouvait d’aider le groupe dans sa quête, mais son expertise se limitait surtout aux lignées du Khorvaire et d’Aerenal.

En route pour se trouver une auberge où passer la semaine, Xanaph ramassa le dernier numéro de l’Inquisiteur de Sharn, histoire se savoir ce qui se passait en ville et dans les environs. Au milieu de chroniques de chats perdus et de débilités patriotiques, le tabloïd parlait de dragons occupant Stormreach, d’une opération militaire conjointe entre la Brélande et la Compagnie de la roue noire et faisait même allusion à la présence de la changeling Derecka Tran à Sharn.

Les compagnons trouvèrent facilement une auberge confortable dans le quartier de Moyen-Tavick, mais Rowan choisit de profiter de la semaine d’attente pour aller rendre visite à son mentor Vaurak, histoire de lui faire un compte rendu sur les événements des derniers mois, notamment au sujet de la rencontre avec Connor. Avec les cercles de téléportation de la maison Orien, Rowan devrait être revenu à Sharn à temps pour le rendez-vous.

Le reste du groupe profita du délai pour ramasser de l’information sur l’actualité khorvairienne ou encore pour vendre et acheter des objets magiques. Les quatre se rendirent même au port de Sharn pour vérifier qu’il s’y trouvait bel et bien le Parasol, clipper de Derecka Tran. Son équipage était éparpillé dans les bordels des environs, mais personne ne pouvait dire où la capitaine se trouvait.

On retrouva également la trace de Cambon, celui qui avait vendu une auberge cribblée de dettes à Stormreach. Il s’était reparti une auberge dans le secteur de Bas-Dura. On considéra aller lui payer une visite mais, comme on ne voyait ce que cela apporterait au-delà d’un léger sentiment de satisfaction, on remit cela à plus tard.

Le deuxième jour, les quatre femmes se rendirent à l’enclave de la maison Cannith dans l’espoir de rencontrer leur ancien compagnon Gregg. Ce dernier était absent mais, entendant les nom de Xanaph, Valtrex et Dewdrop, la secrétaire alla chercher une grand enveloppe noire qu’elle leur remis, supposément de la part de Gregg.

Dans une longue lettre, Gregg expliquait que Merix d’Cannith s’était montré très intéressé par les homuncules et proto-forgeliers rencontrés dans les jungles de Xen’drik. Il avait malgré tout envoyé Gregg à la tête d’une expédition dans les Terres du deuil pour y rencontrer et ramener des forgeliers dotés de pouvoirs psioniques. Peu convaincu qu’il reviendrait vivant, Gregg laissait le code d’une voûte de la banque Kundarak ainsi qu’une étrange clé magique. À l’intérieur de la voûte se trouvait quelques armes alchimiques ainsi qu’une rondelette somme en pièces de platine. Il y avait aussi une lettre encryptée et rédigée en géant indiquant l’emplacement d’un coffre-fort où se trouvait des objets magiques jugés trop dangereux pour être utilisés par les membres de la maison.

C’est à ce moment que Valtrex et Aolani se rendirent compte que le groupe était épié depuis un bon moment, pas partout, mais à tous les endroits visités affiliés à une des familles marquées : l’auberge, les bureau Cannith et maintenant la banque. Après avoir retenu prisonniers deux scions de familles marquées pendant plusieurs mois, les aventurières commençaient à se demander si elles ne s’étaient pas attiré les foudres des treize familles. Malgré les problèmes de sécurité que cela implique, les compagnes décidèrent de se relocaliser dans une auberge des bas-fonds, établissement qui ne serait certainement pas affilié à la maison Ghallanda.

Alors que le groupe retournait à l’auberge pour récupérer ses affaires, Valtrex aperçu un groupe formé des cinq membres du Codex écarlate rencontrés à Xen’drik. Ils ne virent heureusement pas les quatre dames et s’engouffrèrent dans un magasin d’armes et armures magiques. Dewdrop et Valtrex voulurent s’approcher pour épier l’autre groupe, mais ce n’est que trop tard qu’elles s’aperçurent qu’elles étaient suivies depuis des heures par un vieux nain et une demi-orque. Alors que les deux sortaient leurs rapières pour montrer à la drow de faire demi-tour, une férale avec une double épée et un tiefling en riches habits d’aventuriers bloquèrent le passage par l’autre côté.

Le tiefling se présenta comme Omen, chef d’un groupe de détectives qui avait été chargé de retrouver et d’escorter jusqu’à une destination précise les personnes de Xanapah, Valtrex, Dewdrop, Aolani et Rowan. Des papiers signés par les autorités lui donnaient la permission d’utiliser la force si les gens recherchés refusaient d’obtempérer. Se doutant que le mystérieux employeur ne leur voulait pas que du bien, les quatre aventurières firent quand même un bout de chemin avec les investigateurs jusqu’à ce qu’elles réalisent qu’on les ramenait vers le quartier des guildes des maisons marquées et que des archers en uniformes de la Compagnie de la roue noire patrouillaient l’étage supérieur.

D’un signe de tête, toutes les quatre sortirent leurs armes, mais les autres les avaient vu venir et en firent autant. Le nain et la demi-orque se révélèrent être des changelings avec des techniques de combat similaires à celles de Dewdrop. La férale, en plus de frapper fort avec ses deux épées, avait l’art d’attirer sur elle les attaques de ses adversaires puis de les bloquer. Omen, quand à lui, s’arrangeait pour ne se battre qu’avec un ennemi à la fois et profita d’une pause de quelques secondes pour conjuré un diable qui tirait des dards empoisonnés à distance.

Le combat dura plus d’une minute, amplement de temps pour qu’une petite foule se place sur les balustrades pour regarder, mais le point tournant fut franchi quand Valtrex réussit à contrôler l’esprit d’Omen et à le forcer à se jeter cinq mètres plus bas. Les trois autres furent maîtrisés et assommés et on ne revit pas Omen dans les minutes qui suivirent.

Prenant le risque de se faire intercepter par les forces de l’ordre, Dewdrop alla chez le marchand d’armes magique, mais les membres du Codex ne s’y trouvait déjà plus. Questionné sur leurs achats, le marchand répondit que ses derniers clients avaient acheté une importante quantité d’armures légères, d’armes et et d’outils, de même que plusieurs pierres augmentant la facilité à dialoguer avec les dragons.

Les compagnes décidèrent ensuite d’abandonner les quelques effets personnels laissés à l’auberge et de trouver un endroit où se cacher. Le refuge choisi se trouva à être un temple de l’Ost souverain tenu pas le frère Edwin, un allié de longue date du frère Bristol. Edwin accepta sans hésitation de donner sanctuaire aux quatre aventurières. Il savait que son ami et ses alliés se portaient bien à Stormreach, mais les deux ou trois phrases échangées par semaine ne permettaient pas d’avoir une vue d’ensemble de la situation.

Edwin proposa tout de même une piste pour ses nouvelles amies. Il croyait en effet savoir où se terrait la changeling Derecka Tran. Un agent influent de la Cabale des ombres se cachait dans le quatier mal famé de Bas-Dura. Il s’agissait en outre d’un ennemi que Xanaph, Dewdrop et Valtrex avaient déjà combattu, soit Burglu le gobelin. Malgré les apparences de petit chef de gang qu’il affichait, Burglu était en fait un vampire centenaire très puissant. C’est notamment lui qui avait transformé le frère Rhema en mort-vivant quelques années auparavant. Motivés par le désir d’aidé l’Alliance de la lumière et par celui de se venger du vampire original qui leur avait causé tant de soucis, les quatre aventurières se préparèrent sur le champ à aller rendre visite à Burglu. Le dernier combat ne les avait laissées pas trop mal en point et chaque minute qui passait augmentait les chances que Derecka Tran n’y soit plus.

Avec l’adresse donnée par Edwin et les souvenirs de leur dernière visite, le quatuor n’eut pas de difficulté à trouver l’endroit. L’entrée étant un long corridor, il était impossible de faire une arrivée discrète. À l’intérieur, éclairé par des chandelles de suif, se trouvaient le gobelin Burglu et une poignée de jeunes et beaux humanoïdes de diverses races. Ces derniers semblaient comme dans une transe. Il ne fallut pas longtemps à Burglu pour avouer être un mort-vivant et celui qui avait transformé Rhema en vampire. Il entama ensuite un long débat idéologique sur le bien-fondé de l’existence de la Cabale et sur comment la faction avait besoin de gens comme celles qui se trouvaient devant lui. À leur grande surprise, les quatre guerrières se retrouvèrent non seulement à écouter le laïus, mais également à considérer sérieusement l’offre. Aolani et Valtrex, notamment, étaient prêtes à faire le saut vers la Cabale sur le champ.

Peut-être Burglu finit-il par être trop insistant ou peut-être était-ce son insinuation qu’il avait toujours l’option de faire de quelqu’un son esclave en le changeant également en vampire, mais un certain malaise commença éventuellement à se faire sentir. Xanaph et Dewdrop pressèrent les autres de quitter les lieux, quitte à revenir plus tard après réflexion et discussion avec Rowan.

Sentant que ses proies allaient lui échapper, Burglu actionna en vitesse en levier déclenchant une grille bloquant le hall d’entrée et ordonna à ses serviteurs adolescents de passer à l’attaque. Le combat aurait peut-être pu être facile, mais deux grandes silhouettes d’ombre sortirent des murs latéraux de la pièce et commencèrent à approcher. Selon Aolani, il s’agissait là de spectres puissants qui avaient la capacité de transformer ceux qu’ils tuaient en spectres. Il semblait bien que Burglu ait l’intention se transformer ses visiteuses en morts-vivants sur le champ.

Si Aolani réussit à éliminer tous les esclaves morts-vivants d’un coup, Burglu et ses spectres se montrèrent beaucoup plus coriaces. Tous régénéraient leurs blessures à moins de subir des dégâts de lumière et la simple présence des spectres était assez pour drainer l’énergie vitale de ceux qui se trouvaient à proximité. Après quelques échanges de dague et de rayons nécrotiques, Burglu prit temporairement le contrôle de l’esprit de Xanaph, la poussant à attaquer ses alliés et à les envoyer dans les griffes des deux spectres. Étonnamment, si les spectres frappaient évidemment pour tuer, le vampire tentait plutôt d’assommer ses victimes.

Après un certain temps, Burglu pris la forme d’un grand nuage de brouillard glacé. Sous cette forme, il pouvait passer par-dessus ses ennemis et les frigorifier, tout en de recevant qu’une fraction des dégâts de leurs attaques. Blessé malgré cela, il était clair qu’il se dirigeait vers la grille d’entrée,par où il aurait pu se faufiler. Cette technique fut relativement de courte durée, puisque Valtrex fonça sur Burglu avec son bâton investi d’énergie divine et retransforma le vampire en gobelin. Incapable de s’enfuir et n’arrivant pas à se concentrer pour dominer quelqu’un d’autre, Burglu comptait alors sur sa capacité de boire le sang des vivants pour se guérir lui-même, mais Aolani accomplissait un travail formidable pour fermer les blessures de ceux que Burglu approchait. Ratant son ultime tentative de mordre Xanaph, le vampire fut détruit pas les guerrières.

Afin de s’assurer qu’il ne revienne pas une seconde fois, la dépouille de Burglu fut amenée jusqu’au port de Sharn où, après plusieurs heures, le Soleil se leva enfin, réduisant l’ignoble gobelin en un tas de cendres.

Rhema était vengé, Edwin serait heureux, mais il restait encore la question de demeurer à Sharn pendant la prochaine semaine malgré toutes les factions aux trousses du groupe. Sans compter le défi de se rendre en plein jour dans une université ouverte au public pour y dénicher de l’information recherchée par ces mêmes factions.

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À la bibliothèque
Où on paie des frais de retard

Après avoir longuement écouté les conseils de Zen’kar, le père de Valtrex. Le groupe de cinq aventuriers décida de tenter de descendre dans les souterrains de la cité d’Ossiryn. Les étages sous la zone contrôlée par les drows umbragen étaient tous tombés aux mains des aberration de Khyber au cours des dernières années. À défaut de mieux, Rowan se dit qu’il pourrait au moins mettre en pratique ce qu’il avait appris auprès des Gatekeepers des Confins d’Eldyn en éliminant autant de monstre que l’excursion le permettrait.

Une brèche dans le sceau empêchant les aberration de remonter avait fait en sorte d’offrir aux compagnons un passage vers les niveaux inférieurs, mais un bataillon de drows se tenait déjà prêt à en rebloquer l’accès, chose qui serait faite dans les douze heures, que le groupe d’aventuriers soit revenu ou non.

Chaque pas vers le sous-sol de l’ancienne forteresse elfe devint rapidement une lutte contre des créatures plus aberrantes les unes que les autres. Au fil des étages, on combattit notamment un gaj, sorte de termite géante dotée de pouvoirs psionique, un balhannoth, une énorme bête tentaculaire capable de distordre l’espace-temps, ainsi que des créatures reptiliennes à un oeil qui l’accompagnaient. Ces dernières, connues sous le nom de nothics parlant dans une langue que seule Valtrex comprenait, débattaient des options de donner leur proies à manger au flagelleur mental ou au tyranoeil.

Comme de fait, dans ce qui était autrefois le hall d’entrée du palais, un tyranoeil des ombres, sorte de tête géante volante capable de tirer des rayons aveuglants, assourdissants ou paralysant, se trouvait accompagné d’une nombreuse progéniture. Se téléportant parfois et devenant invisble à d’autres moments, il faillit bien l’emporter sur le groupe d’aventuriers, mais Aolani invoqua le Geôlier pour en faire un esclave mort-vivant parfaitement obéissant.

Un grand tunnel descendait de l’ancienne porte d’entrée du bâtiment, avançant en pente douce vers les profondeurs de Khyber. Se disant qu’il ne servirait à rien de s’y aventurer et d’y risquer sa vie simplement pour éliminer quelques aberrations supplémentaire, le groupe trouva plutôt un ancien ascenseur magique menant au sous-sol où se trouvait supposément la bibliothèque.

Bien que longue, la réparation de l’ascenseur se déroula sans heurt et sans alerter d’autres aberrations. Par contre, le bruit du mécanisme alerta certainement quiconque se trouvait plus bas de l’arrivée du groupe. La torche portée par Valtrex n’éclairait d’abord qu’une bibliothèque poussiéreuse dans laquelle la moitié des livres avaient déjà été pillés. Envoyée en éclaireuse, Dewdrop trouva plus loin deux humanoïdes au visage couvert de tentacules flexible. Le duo était accompagné d’un genre de cerveau à pattes et d’un fantôme ou spectre quelconque.

Ce groupe étrange s’avança vers les nouveaux venus en posiition défensive. À première vue, Rowan et Valtrex auraient juré qu’il s’agissait de flagelleurs mentaux, mais quelque chose clochait. Au lieu de la peau violette et caoutchouteuse typique de l’espèce, l’un des deux êtres devant eux avait plutôt la peau verte et écailleuse, de même qu’une crête osseuse sur la tête. Le second était caché dans une cape à grand capuchon, mais sa peau avait une couleur beige comme celle de la plupart des humanoïdes du Khorvaire. Xanaph reconnu le premier comme Xorchilit, membre de la Cabale des ombre et ancien associé d’Erebus. L’homme-lézard aberrant nargua longuement les cinq intrus, avec la confiance de pouvoir l’emporter facilement contre un groupe couvert de blessures et à court de ressources. Malgré cela, il ne passa jamais à l’attaque.

Ce n’est que lorsque que Rowan brandit son marteau, prêt à charger Xorchilit, que l’autre humanoïde tentaculaire délaissa les livres des rayons pour se tourner vers les aventuriers et principalement vers le guerrier humain du groupe. Enlevant son capuchon, l’aberration révéla un visage que Rowan reconnut immédiatement: celui de Connor, son frère aîné disparu dix ans plus tôt dans une attaque de flagelleurs mentaux.

Le nouveau Connor prit la parole et expliqua qu’il avait failli être transformé en flagelleur, mais que, par un phénomène inexpliqué, il avait conservé une partie de son apparence de même que ses souvenirs et sa personnalité. Bien qu’il ait été membre des Gatekeepers, il croyait maintenant que toutes les aberrations ne méritaient pas d’être éliminées et que certaines devaient avoir autant droit que les races plus communes de faire partie de la société. Rowan et ses alliées ne semblait pas d’Accord avec ce point et aucun des argument de Connor ne parvint à les faire plier.

Reconnaissant que le débat avait atteint un cul-de-sac, Xorchilit sortit un parchemin de son sac pour enchanter Connor et lui même. Rendus partiellement amorphes par le rituel, les deux aberrations sortiurent par un tunnel à peine plus large que Dewdrop dans un des murs de la bibliothèque.

Laissés à eux mêmes, les cinq compagnons prirent ensuite le temps de fouiller ce qui restait sur les étagères. Quelques livres de rituels étaient encore récupérables, mais la majeure partie de l’endroit avait déjà été pillé. Étrangement, plusieurs des traces d’intrusions dans la bibliothèque semblaient remonter à plusieurs années. Une inspection plus poussée montra que le petit tunnel par lequel Xorchilit et Connor s’étaient enfuits était en fait le reste d’une gallerie d’excavation effondrée. Dans les débris au pied du tunnel, on trouva même des outils de mineur et quelques pages d’un vieux numéro de la Chronique de Korranberg anoonçant la signature imminente du traité de Thronehold. Une grande fresque sur un des murs avait également été arrachée à coups de pied-de-biche et probablement emportée par ceux-là mêmes qui avaient creusé le tunnel. Ce même tunnel expliquait probablement comment des aberrations arrivaient à attaquer Ossiryn à partir de la surface en plus de venir des souterrains.

Après avoir combattu encore plus d’aberrations sur le chemin du retour, les compagnons revinrent à Ossiryn, là où des drows s’affairaient déjà à reboucher le trou percé dans les fortifications. Valtrex voulut allé voir son père une dernière fois avant de partir, mais on lui dit qu’il était indisposé. Fonçant tout de même dans le temple de l’Umbra, elle ne trouva qu’un immense cocon apparemment tissé de fil d’araignée.

Cherchant à retrouver la piste de la fresque et des autres artefacts manquants, le groupe retourna à l’aéronef avant de se diriger vers l’avant-poste de Zantashk, petite ville dirigée par la maison Tarashk dans le but de faire de la prospection à Xen’drik. L’accueil initial fut relativement chaleureux, un employé de la maison indiquant même qu’une expédition commanditée par l’Université de Morgrave avait ramené un lot d’artefacts elfiques deux ans plus tôt. Avant d’obtenir plus de détails, cependant, le groupe fut reconnu par Raphael, le majordome de Veren d’Tharashk. Identifiant les cinq aventuriers comme ayant fait défection de la Compagnie de la roue noire, il réussit à les faire jeter dehors du complexe.

Tout de même armés d’un début de piste, les compagnons prirent le temps de faire quelques provisions puis mirent le cap vers la ville se Sharn, comme Xanaph avait suggéré de le faire quelques mois auparavent.

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L'Anneau des tempêtes
Où on a le vent dans le visage

Suite à la découverte dans les ruines géantes de Tharkgun Dhak d’une ancienne fresque concernant l’arme ayant jadis permis de sceller les dragons élémentaires, l’équipage des Ailes de la prophétie mit le cap vers la région connue sous le nom d’Anneau des tempêtes, où des drows vivaient dans les ruines d’anciennes cités elfes ensevelies depuis des siècles.

Avant de mettre le cap vers l’est, Valtrex avait pris soin de contacter magiquement son père, Zen’kar, pour s’assurer que ses compagnons de voyage bénéficient d’un accueil chaleureux sur le territoire des drows umbragens. Zen’kar répondit qu’il s’en chargerait personnellement et qu’il attendrait sa fille et ses amis dans l’ancienne cité d’Ossiryn.

Malheureusement pour les passagers des Ailes de la prophétie, l’Anneau des tempêtes devait son nom aux vents aussi puissants qu’imprévisibles qui soufflaient sur une zone de plusieurs dizaines de kilomètres de rayon. L’aéronef fut donc stationné près de l’orée de la zone de vents violents et laissé entre les mains de Trivial pendant qu’un groupe composé de Valtrex, Xanaph, Rowan, Dewdrop, Aolani et Lauraszacrel se mettait en marche vers la cité drow.

Sur papier, la randonnée jusqu’à la ville située en plein centre de l’Anneau des tempêtes aurait dû ne prendre que deux ou trois jours. Cependant, les conditions menaçant à tout moment de faire chuter quelqu’un ou de le pousser dans un précipice ou dans les ronces vampiriques, la vitesse de marche se vit sérieusement diminuée, et ce malgré les conseils de Valtrex qui avait déjà voyagé dans la région.

Après cinq jours de marche, alors que le groupe pouvait enfin espérer atteindre Ossiryn avant la tombée de la nuit, le vent porta aux oreilles de Rowan les bribes d’une conversation en langue géante. Le ton grave et caverneux des voix laissant supposer qu’il s’agissait d’ogres ou de géants et qu’on risquait de tomber nez à nez avec eux au détour d’un rocher. Dewdrop et Valtrex furent envoyées en éclaireuses et arrivèrent face à face avec deux géants de trois mètres au teint bleu et blanc. Malgré leur taille, les deux colosses étaient presque aussi habiles que la drow et la pixie pour se cacher et, qui plus est, n’eurent aucune difficulté à les repérer.

Criant à un supérieur encore dissimulé qu’ils avaient trouvé une drow, une pixie et un paquet d’autres races étranges, les deux guerriers reçurent l’ordre de ne laisser que la drow en vie. Le reste du groupe d’aventuriers fonça donc dans le tas pour venir en aider aux deux filles se trouvant dans une fâcheuse position. Les deux éclaireurs géants furent vite rejoints par cinq autres géants de froid, dont un sorcier manipulant avec brio le vent et la neige. Une bourrasque intense projeta Xanaph au sol avant même qu’elle n’ait pu s’approcher, mettant la demi-elfe hors d’État de nuire pour un long moment et transformant le combat en une lutte à sept contre quatre. Les probabilités furent vite rétablies quand les quatre géants les plus jeunes et les moins expérimentés furent envoyés au tapis par Dewdrop et Rowan. Alors qu’il était immobilisé par la magie de Valtrex, Aolani lança sa terrible malédiction sur le chef des géants dans le but d’en faire son zombi. Se relevant d’entre les morts, il n’eut cependant pas le temps de se montrer utile, car un des éclaireurs géant s’assura qu’il tombe encore et ne se relève plus.

Pendant tout le combat, le vent bouscula les combattants d’un côté à l’autre. Même si les géants résistaient facilement à cette poussée, la situation se trouva étonnamment à avantager les aventuriers venus de Stormreach. Alors que le vent poussait parfois assez fort pour envoyer les géants directement dans les ronces acérées, il arrivait au contraire qu’il en sorte leurs adversaires. Plusieurs se demandaient s’il ne s’agissait pas là d’une manifestation inconsciente de la marque des tempêtes de Xanaph.

Quoi qu’il en soit, le groupe se rendit ensuite rapidement jusqu’aux portes d’Ossiryn, où les vestiges d’une ancienne muraille protégeaient l’entrée des tunnels menant à la cité souterraine. Bien en vue sur un des murs, un groupe de neuf drows umbragens montait la garde armé d’arcs, d’arbalètes et de baguettes magiques. À la vue du groupe d’étrangers et de zombis, les drows brandirent tous leurs armes, près à frapper.

Ayant espéré un accueil plus cordial, mais s’attendant malgré tout à ce genre de réception, les aventurières se mirent tout de suite en position défensive. Valtrex avança pour se présenter et expliquer la situation, mais elle ne reçut que des menaces de se faire abattre si elle faisait un pas de plus. Dewdrop eut un peu plus de succès, mais le groupe se butait toujours à une fin de non-recevoir. Pendant de longues minutes, les négociations tournèrent en rond, les drows, apparemment inquiets et effrayés, refusant de laisser s’approcher les étrangers.

À plusieurs reprises, Rowan menaça de perdre patience et de charger dans le tas avec son marteau. Ç’aurait sans doute été l’issue de la rencontre si l’intuition d’Aolani n’avait pas permis de réaliser que les drows voyaient les membres du groupe comme autant d’aberrations tentaculaires plutôt que comme ce qu’ils étaient vraiment. Xanaph fut en effet en mesure de détecter une faible aura d’illusion sur chacun d’entre eux. Celle-ci avait dû se déposer quelque part depuis la rencontre avec les géants, mais l’important était que, aidée de ses alliés, la demi-elfe parvint à dissiper l’illusion. Les négociations purent alors reprendre sur un ton un peu moins méfiant et les aventuriers furent escortés à l’intérieur des ruines d’Ossiryn.

Dans les dédales sans lumière de l’ancienne forteresse elfique, les compagnons n’eurent d’autre choix que de sortir leurs torches pour voir où ils mettaient les pieds, ce qui leur valut quantité de regards désapprobateurs de la part des drows qu’ils croisaient. De fil en aiguille, le groupe fut amené au temple de l’Umbra, ancienne chapelle du palais reconverti par les drows umbragens. À cet endroit, on leur fit clairement comprendre qu’aucune source de lumière ne serait la bienvenue. Valtrex entra d’abord seule, profitant de la vision nocturne parfaite des drows.

À l’intérieur, elle put finalement être réunie avec son père Zen’kar, qu’elle avait quitté trois ans plus tôt pour partir à la recherche de quelque chose qui puisse aider son peuple contre les aberrations des souterrains. Zen’kar était cependant ligotté à un trône de pierre, supposément parce qu’il s’était porté volontaire pour une expérience qui devait le rendre plus apte à lutter contre les aberrations. Demandant à s’adresser à tous les compagnons de Valtrex, elle alla les chercher et les guida, dans le noir le plus total, à la chambre où était retenu son père.

Au meilleur de sa connaissance, Zen’kar put confirmer les informations acquises dans les ruines géantes de Tharkgun Dhak. Selon lui, les elfes et drows ayant survécu à la chute de l’empire des géants auraient clairement gardé des traces de ces informations. La forteresse d’Ossiryn aurait été un endroit parfait pour ce genre de devoir de mémoire, mais de telles informations auraient été gardée dans la bibliothèque, or celle-ci se trouvait jadis au sous-sol et les deux étages inférieurs du palais étaient désormais scellés depuis qu’ils avaient été pris d’assaut par des aberrations.

Alors que Vank’kar expliquait que, si aucune aide extérieure n’était trouvée, la société des umbragens telle qu’on la connaissait n’en avait plus que pour quelques dizaines d’années d’existence, dans ce qui ressemblait drôlement à des adieux à sa fille, une alarme retentit et un garde fit irruption dans le temple en hurlant qu’une brèche avait éclaté dans les fortifications empêchant les aberrations de monter des étages les plus profonds. Des dizaines de monstres semblables à des termites géantes avec des lames en guise de pattes avaient commencé à grimper dans la cité. Tous les drows en état de se battre se voyaient ordonnés d’aller aider à endiguer l’invasion.

Une fois à l’extérieur du temple, les héros de Stormreach échangèrent quelques regards et se dépêchèrent d’aller prêter main forte aux gardes de la citadelle. Arrivés sur les lieux du drame, les compagnons virent des dizaines de drows luttant comme ils le pouvaient contre des monstres de la taille de gros chiens. Deux autres créatures, respectivement deux et cinq fois plus grosses, ne laissaient de leur côté aucun quartier, abattant un drow après l’autre.

Les cinq aventuriers foncèrent dans le tas pour leur prêter secours et éliminer ce qui semblait être les meneurs de l’attaque. Au prix de multiples blessures et d’un des zombis d’Aolani, les aberrations furent vaincues et la plupart des drows ayant porté participé à l’attaque purent être sauvés.

Dans les minutes qui suivirent, alors que des drows arrivaient déjà pour refaire temporairement les barricades bloquant l’accès aux niveaux inférieurs, les compagnons se rendirent compte que le chemin vers la bibliothèque se trouvait droit devant eux. Trop blessés et épuisés pour descendre dans l’immédiat, ils jugèrent de convaincre les drows de les laisser y aller dans les prochains jours afin de découvrir l’information dont ils avaient besoin

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Le jour des morts
Où on admire les maquillages et déguisements

Dans les jours qui suivirent l’attaque sur le camp des yuan-tis, les aventuriers du Rietveld, vaisseau récemment rebaptisé Les Ailes de la Prophétie, prirent le temps de rattraper un à un les fuyards afin de s’assurer que personne n’ait porté de message ailleurs. Quelques jours furent aussi passés à récupérer tous les artefacts elfiques qui avaient été déterrés par les yuan-tis.

Écoutant pendant ce temps les conseils de Lauraszacrel, les héros eurent la confirmation que les ruines de Tharkgun Dhak, situées de l’autre côté du fleuve, renfermaient certainement les informations nécessaires à l’activation de la coupe invisible.

Du haut des airs, la ruine ne semblait plus qu’un amas de murets d’un mètre ou deux de haut tout au plus, entre lesquels se dressait le camp de plus d’une vingtaine d’ogres. Au nord de Tharkgun Dhak se dressait une imposante et abrupte montagne. Tout le reste était entouré de champs cultivés laissant place à une forêt dense une vingtaine de mètres plus loin. Les ogres virent bien sûr l’aéronef passer et repasser, mais aucun d’entre eux n’était en mesure d’y faire quoi que ce soit. Autre élément remarquable: l’entrée principale de Tharkgun Dhak semblait gardée par les squelettes immobiles de cinq géants de plus de six mètres de haut aux crânes décorés de peintures funéraires.

Éventuellement, Dewdrop, Aolani, Xanaph et Valtrex traversèrent le fleuve pour se rendre en reconnaissance près des ruines de géants. Pour les besoins de la cause, Valtrex utilisa sa magie druidique pour permettre à la goliath de rehausser ses talents pour se cacher.

Alors que les quatre dames s’approchaient lentement de l’entrée des ruines, elles durent se cacher en vitesse à l’approche d’un trio de guerriers ogres. Étrangement, les trois portaient des vestes ou des armures teintes d’un bleu très foncé. Deux des ogres transportaient sur leurs épaules un allié blessé. Valtrex repéra, plantée dans une omoplate, une flèche ressemblant fortement à celles utilisées par les drows vénérant Vulkoor.

Se disant qu’il y avait peut-être là la possibilité d’alliés dans leur combat éventuel contre les ogres, Dewdrop proposa d’aller à la rencontre des drows. Les quatre aventurières remontèrent facilement la piste laissée par les ogres jusqu’au site d’un combat apparent. Sur le sol trainaient des flèches noires sur lesquelles Aolani détecta des traces de poison. Il n’y avait par contre aucune traces de celui ou ceux qui auraient attaqué les ogres.

Après plusieurs minutes de recherche infructueuse, Valtrex leva les yeux au ciel et remarqua que plusieurs hautes branches avaient été brisées, comme si un quelconque être de la taille d’un ogre s’était amusé à sauter d’arbre en arbre. Suivant ces traces du niveau du sol, avançant de peine et de misère à travers les lianes et les ronces, le quatuor avança jusqu’à ce qu’une flèche surgisse d’entre les arbres et aille se loger directement dans le front de Mulraargo, le troll zombi d’Aolani.

Une vingtaine de mètres plus loin, une géante à la peau verdâtre vêtue d’une multitude de peaux d’animaux cousues ensemble tenait dans ses mains un immense arc et des flèches de taille normale qui paraissaient ridiculement petites à côté de l’arme. Bien qu’elle fasse environ cinq mètres de haut, la chasseuse n’avait eu aucune difficulté à se fondre parmi les arbres. À ses côtés, c’est-à-dire à deux mètres au-dessus du sol, se tenaient deux genres d’énormes gorilles blancs munis de quatre bras chacun et d’une longue queue préhensible.

La géante aurait pu continuer à tirer mais, tout en gardant les intruses en joue, elle commença plutôt à les questionner. Heureusement pour elles, Xanaph, Aolani et Valtrex comprenaient toutes la langue des géants. Elles apprirent que la géante, du nom de Sara’tyia, tentait de reprendre les ruines de Tharkgun Dhak des mains des ogres qu’elle considérait impurs et dégénérés.

Elle avait par deux fois tenté d’entrer de force par l’entrée principale des ruines, mais avait dû faire demi-tour devant les attaques combinées des squelettes de géants, capables de se guérir les uns les autres, et des ogres. Si Sara’tyia estimait bonnes ses chances de vaincre les squelettes, il n’en demeurait pas moin squ’Ils étaient eux aussi des reliques de l’âge des géants et qu’elle ne choisirait de les abîmer qu’en dernier recours. En attendant, elle se terrait dans la forêt d’où elle attaquait les ogres s’aventurant trop loin de leur camp avec des flèches conçues pour faire croire à des attaques de drows.

Évitant la confrontation avec la géante, les aventurières proposèrent alors leur collaboration. Si Sara’tyia ne pouvait le faire à cause de sa grande taille, les quatre guerrières pourraient probablement se faufiler par une fissure quelque part autour des ruines. Pendant que la géante des forêts créerait une diversion pour attirer vers elle les squelettes et une partie des ogres, les quatre combattantes pourraient frapper au cœur du campement et peut-être éliminer un grand nombre d’ogres.

Il était clair que Sara’tyia ne souhaitait pas plus voir les ruines de Tharkgun Dhak entre les mains d’un groupe d’étrangers que dans celles des ogres, mais le plan lui plaisait et elle pensait bien être en mesure de chasser ses alliées temporaires si elles s’éternisaient trop.

Alors que la géante fonçait vers l’entrée de l’ancien palais, les aventurières réussirent à grimper par une faille et à s’infiltrer dans l’enceinte du bâtiment. L’attaque avait attiré une majorité d’ogres vers la porte sud, mais leur chef avait cru bon d’envoyer des patrouilles dans le reste du complexe au cas où la géante ait des alliés avec elle. Deux gardes pénétrèrent dans la pièce où étaient tapies les héroïnes, acquiesçant entre eux que l’attaque tombait bien mal, juste avant que les monstres ne leur donne de nouveaux trésors. Frappés par surprise par Valtrex et Xanaph, ils n’eurent pas le temps de lever leurs armes, mais purent quand même lancer un cris d’alarme avant de s’effondrer sur le sol.

Une minute plus tard, une demi-douzaine d’ogres tous vêtus de bleu foncé approchaient de la porte d’entrée de la pièce. Entretemps, Aolani avait poussé un tas de débris dans l’ouverture de façon à bloquer partiellement le chemin à quiconque prendrait autant d’espace qu’un ogre. Derrière une rangée de guerriers armées de gourdins ou de javelots se trouvaient un colosse de trois mètres brandissant une énorme hache ornée de runes et Khort, le chef des ogres muni d’un long fléau d’armes avec une portée de plus de trois mètres. Ces deux armes contrastaient nettement avec celles principalement en bois des autres guerriers.

Grâce aux obstacles positionnés dans le chemin, les aventurières parvinrent à ne devoir affronter qu’un ogre ou deux à la fois. Éliminant chacun de ses gardes du corps, les combattantes forcèrent Khort à jeter son arme et à implorer leur merci. Avec le maître des lieux en otage, les visiteuses pouvaient aller et venir à leur guise au milieu des autres ogres de la place, du moins jusqu’à ce qu’un autre ogre ne décide de prendre sa place et de se proclamer chef.

En attendant cet événement inévitable, on demanda au chef s’il n’y avait pas de fresques ou d’inscription dans les ruines. Selon lui, la seule chose du genre se trouvait dans les souterrains, mais ceux-ci étaient le domaine des monstres et aucun ogre n’était autorisé à y aller. Se faisant aussi menaçante que possible, Dewdrop le convainquit de les y amener quand même.

Dans les tunnels à moitié effondrés sous la ruine, Valtrex passant devant pour aller en éclaireur. Au détour d’un tournant, elle se fit sauter dessus par trois créatures semblables à des hobgobelins aveugle couverts de tentacules: des dolgaunts, aberrations des profondeurs de Khyber. Accourant à son secours pendant que Khort fuyait les lieux, les alliées de la drow parvinrent à abattre les trois monstres.

Ils avaient sur eux un sac plein d’éclats de Siberys, de même qu’un casque de cuir et de métal. Un rituel révéla qu’il s’était autrefois agit du couvre-chef de Regdar, le leader de la compagnie des Aventuriers, qui se serait fait tuer par des aberrations en ce lieu-même. Un autre sac contenait un grand nombre d’objets militaires de grande qualité probablement destinés aux ogres.

Parmi les éclats de Siberys, un ressemblait à une étoile dont une branche était cassée. Personne n’en fit de cas, sauf Rowan pour qui cet objet était plus que familier. Il y a de nombreuses années, Connor avait eu un tel bijou, jusqu’à ce que Rowan en casse une branche accidentellement. Connor avait tout de même gardé l’étoile brisée, vraisemblablement celle qu’on venait tout juste de retrouver.

Plus loin dans les tunnels, les aventurières arrivèrent enfin devant les restes d’une fresque presque entièrement effacée par le temps. Autour d’un grand dessin semblable à l’arme en forme de coupe invisible trouvée près de Stormreach se trouvaient quatre blocs de texte formés des mêmes mots: “le cœur d’un vrai … dans la coupe.” Passant sa main devant les mots pour en faire un frotti, Valtrex fit apparaître le mot géant pour elfe dans l’espace d’un des blocs de texte. La main de Xanaph produisait le même effet. Si ni Dewdrop ni Aolani n’arrivait à faire apparaître quoi que ce soit, la main de Khort, qu’on alla rechercher, fit apparaître le mot “géant” dans un des autres blocs de texte.

Avant la fin de la journée, Lauraszacrel vint visiter les ruines pour y faire sa propre inspection. Au contact de ses doigts, les runes géantes pour “homme-reptile” apparurent dans une troisième phrase. Il ne fut pas possible de trouver ce qui devait s’activer dans le quatrième coin, mais il semblait clair qu’il s’agissait des quatre races ayant collaboré à la création de l’arme. Aucun moyen non plus de savoir ce que le mot “cœur”, qui pouvait également être traduit par “âme” ou “essence” signifiait concrètement.

Quittant Tharkgun Dhak à bord des Ailes de la Prophétie et laissant les ruines à la guerre entre Sara’tyia et les ogres, les compagnons se demandaient quelle serait leur prochaine destination. Valtrex contacta magiquement son père, chef d’un village caché de drows umbragens pour lui expliquer la situation. Il affirma être capable de faire émettre un sauf-conduit pour Valtrex et ses amis leur permettant de visiter une cité drow située dans les ruines d’une ancienne ville elfe, là où on risquait le plus de trouver des instructions par rapport à l’arme.

Xanaph proposa plutôt d’aller chercher plus d’Information sur Xen’drik là où on risquait le plus d’en trouver, soit sur l’île d’Aerenal ou dans la métropole de Sharn, ironiquement toutes deux bien loin du continent. Quoi qu’il en soit, l’équipage des Ailes se donnait quelques jours de réflexion pour choisir sa prochaine destination et développer, au regard des dernières aventures, des techniques de combat appropriées pour combattre les ennemis qu’on risquait de rencontrer dans les prochains mois.

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Sus aux serpents
Où on célèbre le jour de la frappe

Après avoir parcouru des yeux le campement des yuan-tis et échappé à la vigilance de Sulvaugren, les aventuriers de Stormreach étaient retournés à bord du Rietveld pour y penser leur plaies et réfléchir à la stratégie à adopter pour la suite des choses.

Tandis qu’elle récupérait de ses blessures, Lauraszacrel discutait avec sa sœur Surrayana. Laura avouait avoir sciemment désobéi à leur grande sœur Sesstaria en déchiffrant des glyphes pouvant être en lien avec la prophétie draconique, malgré l’Interdiction de Sesstaria, et allant même jusqu’à tenter de les utiliser. La reconnaissance de cette faiblesse est probablement la seule chose qui l’empêcha de s’en prendre aux “enfants” adoptés par Surrayana.

Les deux sœurs étaient cependant d’accord sur une chose: les yuan-tis en train de piller les ruines des environs devaient être éliminés. On mit plusieurs heures à établir le plan à suivre, mais le résultat final fut une attaque sur deux flancs.

Surrayana et les pixies les plus aptes à se battre iraient créer une diversion pour attirer loin du site les yuan-tis de sang-pur, nombreux mais moins puissants.

Pendant ce temps, une force de frappe formée de Dewdrop, Aolani, Rowan, Xanaph, Valtrex et Lauraszacrel irait s’attaquer à trois groupes qui, on l’espère, resteraient isolés: Sulvaugren et ses monstres su, un groupe de quatre sang-mêlé entourés de sang-pur œuvrant autour d’un lieu d’excavation et un autre sang-mêlé accompagné de crocodiles, d’une basilisque et d’une naga.

Sulvaugren et ses bêtes infligèrent des dégâts considérables à leurs assaillants mais, en l’espace d’une minute ou deux, l’abomination diabolique gisait immobile sur le sol tandis que ses animaux s’étaient enfuis ou bien subissaient le même sort. Dans le vacarme causé par la diversion des pixies, l’alerte de Sulvaugren ne donna strictement rien.

Sitôt après avoir repris leur souffle, Rowan et les autre guerrières s’en allèrent au champs de fouilles archéologiques. S’apprêtant à aller porter main forte à leurs subalternes de sang-pur, les quatre sang-mêlé aperçurent les aventuriers qui s’approchaient et firent volte-face. Les yuan-tis eurent initialement l’avantage du terrain, pouvant se cacher dans les ronces tout en canardant leurs adversaires à coup de dagues, de magie ou de flèches. La vapeur fut cependant renversée quand toute l’équipe fut en mesure de se rendre en corps-à-corps. Comme l’abomination avant eux, les quatre sang-mêlé tombèrent et Valtrex en profita pour délester la magicienne de son bâton magique.

Le dernier combat devait avoir lieu sur les berges de la rivière qui bordait le camp, mais les proies recherchées avaient entretemps changé de place. Ayant apparemment moins de scrupules que ses compagnons, le dernier sang-mêlé avait profité de la commotion pour traverser jusqu’au campement principal, accompagné de la basilisque, de la naga et d’une meute de crocodiles, pour y faire main basse sur les possessions de ses anciens alliés malgré le fait que le combat y faisait toujours rage entre les pixies du Rietveld et une poignée de sang-pur. Le dernier sang-mêlé envoya donc sa basilisque pétrifier les pixies du regard et ordonna aux autres yuan-tis de se joindre à lui.

Voilà pourquoi le dernier combat de la journée eut lieu au beau milieu du campement des yuan-tis, entre les huttes et les feux de camp. Cette fois-ci, ce sont les héros du Rietveld qui avaient l’avantage de la mobilité, la basilisque et les crocodile étant particulièrement lents, mais la naga lançait un sort après l’autre en restant bien à l’abri derrière les premières lignes. Il fallut donc foncer à travers les autres reptiles pour éliminer la magicienne.

Lauraszacrel usa de sa propre magie pour téléporter la basilisque au beau milieu de ses alliés. Ceux-ci n’en firent qu’une bouchée, assez rapidement pour que la bête soit éliminée avant d’avoir pu pétrifier de nouvelle victime, même si Dewdrop faillit y passer. Lorsque le groupe se rendit à portée de la naga et du yuan-ti, Aolani ne put s’empêcher de la maudire afin de faire d’elle un nouveau zombi. Pour rendre la situation encore plus complexes, des sang-purs armés de marteau avaient profité de la cohue pour s’approcher des pixies pétrifiées, intimant les aventuriers de se rendre sans quoi ils détruiraient les statues. La menace fut cependant de courte durée: coupant entre les deux adversaires restants, Valtrex fila à l’autre bout du village pour éliminer les sang-pur à coup de pierres imbues d’énergie primale.

Après avoir constaté la victoire sur les yuan-tis et après avoir dépétrifié les pixies grâce au sang prélevé sur la basilisque, le groupe s’en retourna directement au vaisseau pour se reposer. Laurazacrel leur annonça que, tout juste de l’autre côté de la rivière, dans les ruines de Tharkgun Dhak, se trouvait l’information qui permettrait d’activer l’arme ancienne trouvée près de Stormreach.

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Archéologies
Où les ruines ne sont plus ce qu'elles étaient

Ravitaillés en nourriture, les membres d’équipage du Rietveld poursuivaient leur route vers ce que Lauraszacrel paraissait vouloir dire par “la tête de l’Hydre”. En arrivant près du delta formé par les bras du fleuve nommé d’après le monstre légendaire, Xanaph fit effectuer quelques tours au vaisseau pour trouver une clairière assez dégagée pour permettre au vaisseau de se poser. Chemin faisant, ses compagnons remarquèrent des volutes de fumée s’échappant de la forêt, signe clair que quelque chose était en train de brûler. Comme premier arrêt, on décida donc de marcher vers la colonne de fumée la plus près.

À peine à l’orée de la jungle, le groupe envoyé en éclaireurs tomba nez à nez avec une meute de bêtes éclipsantes. L’écume à la bouche, elles fonçaient droit sur les aventuriers. Usant de son talent pour parler aux animaux, Dewdrop les questionna rapidement et compris que ce n’était pas ses compagnins que les bêtes voulaient chasser, mais quelque derrière eux. Espérant éviter un combat, tout le monde se tassa pour les laisser passer, mais Aolani réalisa que c’était au vaisseau élémentaire que les bêtes voulaient s’en prendre. Mettant de côté tout espoir de négociation, Valtrex utilisa alors sa magie primale pour contrôler temporairement les actions de la chef de meute, tandis que Xanaph s’envolait pour reprendre les contrôles de l’aéronef.

Dès la domination mentale de la drow dissipée, les bêtes éclipsantes foncèrent dans le tas avec férocité. La plus grande essaya même au passage d’attraper les cordage du Rietveld pour le tirer jusqu’au sol, mais les manoeuvres expertes de Xanaph et la rapidité des pixies à bord pour couper les cordage permirent de faire monter le vaisseau hors de la portée des tentacules.

Aolani ne put pas s’empêcher d’utiliser la puissance des sinistres six pour contaminer la plus grosse des bêtes dans le but d’en faire un esclave mort-vivant. Plus intelligente que la moyenne, la bête sentit que quelque chose n’allait pas et pris ses jambes à son cou, arrivant bien vite hors de portée des dagues magiques de Dewdrop et des rayons divins d’Aolani. Même Valtrex n’arriva bientôt plus à suivre, mais Xanaph avait vu la scène et, fonçant à toute vapeur à bord du Rietveld, elle ramassa ses compagnes restées au sol et amena le vaisseau suffisamment près pour que les membres d’équipage arrivent à achever la bête éclipsante, qui se releva quelques instants plus tard sous l’effet de la magie nécrotique du Geôlier.

Avant de repartir, Surrayana leur indiqua avoir reçu un message télépathique de sa soeur Lauraszacrel. Elle disait être coincée dans le fond d’une ruine depuis deux jour par des yuan-tis et ne plus avoir la force de se relever.

Xanaph, Valtrex, Dewdrop et Aolani repartirent donc en direction de la colonne de fumée vue précédemment. Au milieu d’une zone boisée, elle découvrirent un feu de camp encore fumant entouré d’un campement rudimentaire. À en juger par la taille du matériel, le propriétaire du camp devait avoir la taille d’un ogre.

Les aventurières allaient s’avancer plus près quand Xanaph leur cria d’arrêter. Dans les branches des arbres, une meute de monstres su, créatures mi-singe mi-loup venues de Thelanis, les épiaient avec un regard cruel. Les su étant connus pour être particulièrement aggressifs, la seule explication logique pour expliquer pourquoi ils n’étaient pas déjà passés à l’attaque est que quelqu’un les avait dressés pour servir de chiens de garde.

Effectivement, quelques minutes plus tard, Valtrex entendi le bruit d’une créature se rapprochant. Au son, elle se déplaçait en rampant à la manière d’un serpent. Sans avoir eu le temps de se cahcer convenablement, les aventurières ne virent la créature que quelques secondes avant qu’elle ne les voie aussi. Couverte d’écialles rouge et effectivement grande comme un ogre, la créature avait grossièrement l’air d’un humanoïde, mis à part le fait que, en guisse de jambes, elle avait une longue queue serpentine finissant en deux pointes. Sa tête était en outre sertie de plusieurs cornes. Il s’agissait sans soute là d’un yuan-ti, ce créatures tenant à la fois de l’humain et du serpent, mais celui-ci semblait avoir hérité de traits de diable ou de démon.

En s’approchant du milieu du camp, le yuant-ti s’empressa de sortir une hache de guerre et d’ordonner aux intrues de sortir de leur cachette. Si la première commande ne fonctionna pas, il menaça ensuite d’envoyer ses su, ce qui fit sortir les quatre guerrières de leur buisson. Dewdrop présenta le groupe comme une compagnie d’aventurières ârtie explorer les ruines de Xen’drik, ce qui n’était pas entièrement faux.

Le yuan-ti, du nom de Malvaugren cherchait apparemment lui aussi à éviter la confrontation. Il tenta donc de profiter de la situation en engageant les aventurières à sa solde. Selon son histoire, une de ses cousines éloignées lui avait volé des notes précieuses et s’était terrée au fond d’une ruine pleine de morts-vivants. Ses gardes du corps n’étant pas ressortis vivants, Malvaugren n’osait pas s’y aventurer seul. Il proposait donc quelques milliers de pièces d’or à quiconque irait dans les ruine et en ramènerait la traitresse morte ou vice.

Se doutant bien qu’il s’agissait de Lauraszacrel, les quatres compagnes travaillèrent fort pour jouer le jeu jusqu’au bout. Elle demandèrent même une avance sur leur paie, en foi de quoi Malvaugren finit par leur remettre son armure en peau de troll. Il guida ensuite ses nouveaux employés jusqu’à l’entrée d’un tunnel de pierre.

Vu le point auquel l’érosion et la végétation avaient fait leur oeuvre pour user la construction, il s’agissait clairement là de quelque chose de plusieurs fois millénaires. Comme à l’habitude, Valtrex et Dewdrop partirent les premières pour jouer les éclaireuses mais, après deux virages, il faisait si noir que la pixie n’y voyait plus rien. Quant à la drow, le plancher en pente couvert de mousse humide faillit lui faire perdre pied et la projeter droit contre le mur, mais sa compagne diminutive la ratrappa juste à temps.

Après une descente dans les ténèbres presque interminable, le quatuor arriva face à une espèce de crypte avec des alcôves le long de deux murs. Certaines d’entre elles abritaient les cadavres momifiés d’anciens elfes tandis que d’autres n’avaient plus devant elles que des tas d’os tachés de sang. Pour s’assurer que les momies n’étaient pas des morts-vivants prêts à passer à l’attaque, Valtrex lança des pierres sur quelques-unes d’entre elles. La bpnne nouvelles est que l’attaque fit tomber à la renverse deux des momies. La mauvaise est que toutes les autres sortirent de leur alcôve pour foncer sur la drow irrespectueuse.

Pour couronner le tout, deux autres momies, beaucoup mieux équipées, arrivèrent du fond de la pièce. Une portait une armure de bronze et maniait un énorme cimeterre alrs que l’autre tenait dans ses mains un cimeterre double et était affublé de bijoux et de décorations le marquant clairement comme un noble. Xanaph identifiant les elfes momifiés comme des elfes taernadals, ancêtres des elfes d’Aerenal et Valenar et proches parents des drows.

Les momies succombèrent bientôt aux coups des quatre aventurières, mais elles avaient entre temps trouvé le moyen de maudire chacune d’entre elles. Les malédictions pesant sur Aolani et Valtrex se dissipèrent en quelques secondes après la destruction des morts-vivants et celle ralentisssant les pas de Xanaph ne mit que quelques minutes à faire de même, mais celle qui affaiblissait Dewdrop, imposée par la momie royale, refusait de s’en aller. Aolani trouva le moyen de suspendre les effets de la malédiction, mais seulement pour quelques jours. Xanaph ramassa le cimeterre royal tombé par terre, honorée d’avoir eu la chance de mettre la main sur un tel trésor.

Sortant par l’autre extrémité de la crypte, les aventurières entrèrent dans une chambre mortuaire somptueuse d’où étaient sortis le prince et le guerrier. Cette pièce était elle aussi couverte de sang et, pour rendre les choses encore plus macabres, de morceaux de cadavres momifiés. Couverts de fines écailles vertes, ceux-ci semblaient provenir de yuan-tis, mais il était impossible qu’ils se soient désséchés autant en seulement quelques jours. Un seul cadavre était encore dans un état relativement frais. La yuan-ti plutôt humaine était dans une position indiquant qu’elle avait apparemment réussi à vaincre un autre elfe momifié avant de tomber.

PLus loin encore, dans un cul de sac froid et humide, les aventurières trouvèrent un énorme serpent à plumes dans une profonde léthargie. Se souvenant avoir vu Lauraszacrel prendre cette forme, elles prirent le temps qu’il fallu pour la soigner de ses afflictions physiques et magiques. La shulassakar fut éventuellement en mesure de se lever et de reprendre forme humaine.

Pendant que Xanaph et Aolani discutaient avec elle pour décider de la suite des choses, Dewdrop et Valtrex continuaient de fouiller les ruines pour trouver une autre sortie. Elle trouvèrent un puits étroit et profond dont le fond semblait rempli de papillons morts. Dewdrop tenta de descendre, mais elle coula à travers plus de quatre mètres de papillons. Elle aurait pu s’y noyer si Valtrex ne lui avait pas envoyé une corde. Au fond du puits, cependant, la pixie avait aperçu un cadavre parfaitement conservé.

Creusant un peu dans les lépidoptères, les autre membres du groupe arrivèrent au corps qui s’avéra être celui d’un noble éladrin. Un rituel de divination permit de le voir apporter livres et instruments de musique à une tribu d’elfes résolument primitifs. Pour que des taernadals lui aient accordé une sépulture aussi élaborée, ils devaient lui vouer un immense respect.

Alors que tout le monde était au fond du puits, le Soleil se trouva à passer juste au-dessus de l’étroite cheminée. L’espace de quelques minutes, la pièce s’illumina de mille feux. Cet événement indiqua aussi une seconde issue au groupe. Grimpant par la cheminée jusqu’à devoir enlever la terre et les racines en bloquant la sortie, les cinq dames arrivèrent sur le haut d’une colline ou sur ce qui avait sans doute dû être jadis le toit de la tombe.

D’un côté, Valtrex put apercevoir Malvaugren et ses su attendre impatiamment la sortie de leurs mercenaires. De l’autre, par-delà un large bras de rivière, la drow vit un village de tentes et de bâches dans lequel s’activaient des dizaines de yuan-tis. Sachant que les yuan-tis ne voient pas mieux qu’un humain dans les ténèbres, Lauraszacrel et ses sauveuses attendirent la tombée de la nuit pour effectuer un large détour et ainsi revenir au Rietveld sans avertir les yuan-tis.

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