Les Dessous de Xen'drik

Réunions de famille 2
Où on fait ses adieux

Revenus à bord des Ailes de la prophétie, cachées aux abords de Stormreach, les compagnons purent enfin s’entretenir de vive voix avec Keptolo et les shulassakars Lauraszacrel et Surrayana. Le minuscule espion n’avait pas chômé pendant les derniers mois, multipliant les voyages entre le vaisseau et la ville occupée, pillant au passage toutes les potions et objets magiques mineurs qu’il pouvait emporter sans se faire prendre.

Les nouvelles à propos de Stormreach étaient peu encourageantes. La tempête élémentaire formée des immenses dragons catastrophiques faisait toujours rage au-dessus de la ville, laissant tomber à l’occasion un œuf de dragon de la taille d’un ogre. Encore plus de géants de toutes sortes étaient venus du sud pour grossir les rangs de ceux qui contrôlaient les districts de la ville toujours coupée du monde : le port détruit et les habitants qui tentaient de s’enfuir rapidement dévorés par des dragons. Les Seigneurs des tempêtes, autrefois maîtres de la ville, puis marionnettes des dragons n’étaient plus que des prisonniers comme les autres. La plupart des habitants de Stormreach tentaient tant bien que mal de continuer à mener leur vie quotidienne tout en sachant que l’option ne pouvait tout simplement pas être viable à long terme.

À travers tout cela, Keptolo suggéra d’aller rendre visite à un groupe particulier. Les Rushémés, une tribu de géants des collines pacifistes maintenant un camp juste au dehors de Stormreach depuis des siècles, n’avaient pratiquement pas changé malgré le fait que les géants faisaient la pluie et le beau temps dans les rues de Stormreach. Au contraire, ils semblaient subir eux aussi les déprédations de leurs cousins plus bâtis. Dans l’espoir de mieux comprendre les agissements des géants élémentaires et peut-être de trouver quelqu’un qui accepterait de sacrifier son âme.

Après avoir suivi les instructions de Valtrex et Dewdrop pour passer inaperçus à l’intérieur du territoire contrôlé par les dragons, les compagnons se rendirent à pied jusqu’aux tentes des Rushémés. Pour faire changement, les géants des collines ne se montrèrent aucunement hostiles, invitant simplement leurs visiteurs à venir s’asseoir pour partager un repas. Au cours de la discussion, ils expliquèrent que, contrairement aux géants des collines, presque tous leurs cousins étaient issus de pactes conclus lors de la dernière grande incursion de créatures élémentaires, s’imprégnant des propriétés du feu, de la foudre ou autre aux dépens de leur vraie nature.

Phiri, la cheftaine, déplorait aussi le fait que les colons venus du Khorvaire semblaient déjà avoir oublié que les Rushémés avaient sauvé la ville par deux fois au cours des derniers siècles, la dernière datant de seulement de seulement 60 ans. Vu les circonstances, elle n’hésita pas longtemps à confier aux aventuriers la raison derrière la présence continue de son peuple aux abords de Stormreach. Les ruines de géants sur lesquelles la ville portuaire s’était construites dataient de la fin de l’Âge des démons. Les fondations des ruines servaient de sceau gardant piégé un monstre diabolique nommé Sakinnirot. La prison avait déjà été affaiblie dans le passé et une ouverture complète annoncerait sans le moindre doute un nouvel âge des ténèbres pour le nord de Xen’drik.

Dans l’immédiat, la préoccupation première de Phiri était néanmoins la survie de son peuple. Coincés entre les autres géants qui les empêchaient d’entrer à Stormreach et l’interdiction de quitter la zone alentour, les Rushémés n’auraient bientôt plus rien à manger. La recherche de solution cessa vite quand les gardiens du camp annoncèrent l’arrivée imminente d’un grand groupe de géants de feu et de froid, tous armée jusqu’aux dents. Les compagnons se hâtèrent de sa cacher dans quelques-unes des tentes pour épier la rencontre qui allait suivre.

Le groupe mixte était apparemment venu pour donner un ultimatum aux géants des collines : qu’ils choisissent le ou les dragons élémentaires à qui ils voulaient obéir et qu’ils intègrent la société établie à Stormreach ou qu’ils en subissent les conséquences. Les émissaires espéraient que les Rushémés penchent vers leurs propres seigneurs – Imix et Bristia Kel pour les géants de feu ou Olhydra et Ben-Hadar pour les géants de froid – mais n’importe quelle faction était mieux que d’essayer de rester à l’écart. Phiri ne prit même pas le temps de réfléchir avant d’affirmer que jamais les Rushémés n’accepteraient de servir des créatures ne venant pas d’Eberron. Heureux d’entendre un refus, les officiers des géants de feu et de froid dégainèrent leurs armes et ordonnant à leurs troupes de brûler les tentes de camp et de piller tout ce qu’elles pouvaient.

Le temps que les compagnons sortent de leurs cachettes, Phiri et son consort avaient déjà été jetés à terre et leurs assaillants s’apprêtaient à leur donner le coup de grâce. L’intervention musclée des aventuriers permit de tenir les géants élémentaires à distance et de les abattre sans qu’ils ne puissent toucher à nouveau aux dirigeants des Rushémés. Ailleurs dans le camp, quelques géants des collines réussirent à tenir tête aux pillards le temps que les guerriers n’aillent se porter à leur secours, mais le mal était déjà fait. Pour une quinzaine de géants élémentaires tués, autant de Rushémés – sur une population initiale d’environ deux cents – avaient perdu la vie.

Du point de vue de Phiri est ses conseillers, les choses auguraient mal. Dans le meilleur des cas, les dirigeants des géants de feu et de froid comprendraient ce qui s’était passé en un jour ou deux et soit ils enverraient une deuxième vague pour se venger soit ils panseraient leurs blessures et les géants de pierre ou de tempête profiteraient de l’état affaibli des Rushémés pour tenter eux aussi de les convertir de force. Reprenant la conversation interrompue plus tôt, Rowan suggéra du bout des lèvres que, vu les grands rapprochements à faire entre leur philosophie et celle des Rushémés, les Gatekeepers du Khorvaire seraient peut-être prêts à intervenir. Avec seulement 24 heures pour agir, il allait par contre falloir brusquer un peu les choses.

Grâce aux coordonnées fournies par Rowan, Aolani traça un cercle magique qui amena le quintet d’aventuriers dans les Confins d’Eldyn, à des milliers de kilomètres de là. Rapidement, Rowan convoqua son maître Vaurak et les Gatekeepers présents près de chez lui et leur exposa la situation. Les Gatekeepers sentaient bien qu’il y avait des liens à faire entres les deux cultures et, contrairement à la majorité des habitants du Khorvaire, ils n’étaient pas opposés à l’idée de venir en aide à un groupe de géants. L’inquiétude tenait plutôt au fait qu’il n’y avait pas suffisamment de temps pour prendre une décision éclairée et que la petite communauté des Gatekeepers dans les Confins d’Eldyn ne pourrait pas se permettre de nourrir deux cents géants une fois l’hiver venu. Les druides présents s’adonnèrent à de longues délibérations, auxquelles les compagnons n’étaient malheureusement pas conviés, et ce n’est qu’au milieu de la nuit qu’ils annoncèrent enfin être prêts à accepter les réfugiés.

Aolani multiplia alors les cercles de téléportation pour retourner près de Stormreach et envoyer, avec seulement ce qu’ils pouvaient traîner dans leurs bras, les survivants des Rushémés vers le Khorvaire. La situation étant dorénavant entre les mains des Gatekeepers, les compagnons se hâtèrent de retourner vers leur aéronef pour discuter avec leurs alliés de l’impact que pouvait avoir la présence d’un puissant démon scellé sous la ville de Stormreach.

Pressant le pas, les compagnons furent un peu moins discrets qu’à l’aller et arrivèrent nez à nez avec un énorme dragon de terre et d’argile qui les informa qu’ils s’étaient aventurés trop loin et qu’il allait les escorter personnellement jusqu’à la ville. Un retour en ville n’étant pas envisageable, les compagnons prirent les armes ensemble pour terrasser le monstre, qu’il fallut ensuite pousser au fond d’un lac pour dissimuler les traces du combat. Outre quelques blessures plus ou moins graves, la seule chose que les compagnons obtinrent de la part du dragon fut l’information comme quoi un vieil humain l’aurait récemment donné sa vie en prenant la bête en combat singulier pour permettre à une jeune humaine et un forgelier de quitter Stormreach.

Alors qu’ils terminaient de nettoyer la scène, les aventuriers furent rejoints par Lauraszacrel et Surrayana. Après plus de douze heures sans nouvelles de leurs alliés, les deux shulassakars avaient décidé de profité de leur vision nocturne pour aller à leur rencontre. Soulagées de les savoir encore en vie, elle se joignirent au groupe pour retourner vers la caverne où se trouvaient Les Ailes.

Remontant le ruisseau qui les mènerait à l’aéronef, l’eau prit une inquiétante couleur rouge sous la lueur des torches. Aucun doute possible, la rivière était remplie de sang. Pris de panique, tout le monde se rua vers la cachette derrière la chute d’eau. Surrayana s’effondra sur le sol à la vue des corps sans vie de ses quatre enfants adoptifs baignant dans leur propre sang. Plus loin, sur le vaisseau volant, se dressait Sesstaria en forme humaine, avec un Keptolo inconscient tenu par le cou dans sa main droite. Trois anges lui tournaient autour comme pour assurer sa protection.

Dès que l’équipage de l’aéronef entra dans son champ de vision, Sesstaria prit sa forme mi femme mi serpent ailé, resserrant sa prise sur Keptolo, et ordonna à ses deux subalternes de rentrer dans le rang et de l’aider à se débarrasser de ceux qui ne pouvaient pas s’empêcher de jouer avec la prophétie. Surrayana était toujours catatonique et Lauraszacrel n’arrivait pas non plus à lever la main sur ses alliés de longue date. Indiquant qu’elle règlerait cela plus tard avec ses deux jeunes sœurs, Sesstaria poussa plus loin sa transformation en échangeant sa tête et son torse pour ceux d’un serpent métallique, prenant ainsi l’apparence d’un couatl, un créature légendaire censée être un combattant inflexible de l’ordre et du bien.

Le combat qui suivit fut particulièrement intense. Sans l’aide de Lauraszacrel, qui était encore paralysée par la tournure des événements, les compagnons durent se battre à cinq contre une Sesstaria au sommet de sa forme et contre ses trois anges. Xanaph s’empêcha de glisser Keptolo loin de son agresseur afin de permettre à ses alliés de concentrer leurs tirs sur elle. Pendant que Rowan et Aolani tenaient tête aux anges, Dewdrop et Valtrex étaient grimpées sur le vaisseau pour encercler la couatl et exposant ses points faibles, laissant ainsi la chance à Xanaph de la pourfendre avec son cimeterre ancestral.

La crise terminée, Lauraszacrel courut s’occuper de Surrayana pendant qu’Aolani allait ranimer Keptolo. Derrière le vaisseau, on pouvait voir que Sesstaria avait détruit et éparpillé toutes les notes et reliques gardées à bord. Si les compagnons n’avaient pas eu la prévoyance de garder une copie de leurs notes sur eux en tout temps, ils auraient perdu par là toute l’information ramassée dans les ruines de Tharkgun Dhak et d’Ossiryn. Le plus incroyable était que, dans le désordre, certains mots et phrases étaient encore lisibles et toujours regroupés par paquet de quatre. Il fallut plus d’une journée pour déchiffrer tout cela et en trouver un sens, mais il ne faisait aucun doute qu’il s’agissait là de l’œuvre de la prophétie draconique.

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Réunions de famille
Où il commence à faire chaud

Quelques semaines après avoir fui la cité riédrane de Dar Qat, les compagnons de Xen’drik avaient finalement réussi à déchiffrer les murales qu’ils y avaient dérobées. En combinant ces pétroglyphes originaires des ruines reptiliennes de Mel-Aqat avec les fresques enchantées de Tharkgun Dhak et les documents trouvés dans l’ancienne bibliothèque d’Ossiryn, on pouvait pratiquement dresser un mode d’utilisation pour l’arme millénaire trouvée près de Stormreach et censée permettre de bannir même les plus puissantes des créatures élémentaires.

Évidemment, il y avait encore beaucoup à faire pour être en mesure de passer à l’action. Notamment, il fallait obtenir le sacrifice simultané et volontaire, corps et âme, de quatre créatures. Les notes d’Ossiryn indiquaient que, lors de la dernière utilisation de l’arme, un elfe, un géant, un reptilien et un rakshasa avaient accepté de payer le prix ultime. Pour couronner le tout, les textes de Tharkgun Dhak précisaient que le rituel nécessitait un “vrai” représentant de chacune des races, sans vraiment indiquer ce que cela voulait dire.

Dans le but d’en apprendre peut-être davantage et de discuter avec les descendants directs d’un des peuples ayant créé l’arme, mais surtout parce que les notes prises aux inspirés de Dar Qat parlaient d’y envoyer une force d’invasion dans les prochains mois, les aventuriers se rendirent chez les drows umbragens d’Ossiryn. Comparée à la visite précédente, où les vents violents de l’Anneau des tempêtes avaient forcé le groupe à laisser leur aéronef derrière et à marcher trois jours avant d’atteindre la cité drow, la balade rapide sur le dos de Tantron l’éléphant parut très agréable.

Une fois à destination, tout le monde à l’exception de Valtrex a dû faire face à un accueil à peine moins hostile que l’année précédente de la part des habitants de la forteresse ensevelie. Le simple fait qu’ils En plus des milliers umbragens et de leurs nombreux cousins vulkooris qui se trouvaient déjà sur place la dernière fois, la ville semblait abriter une population importante de drows sulatars, les maîtres du feu du centre de Xen’drik. Ce n’est qu’une fois les compagnons mis en contact avec des gens qui les avaient croisés un an plus tôt ou qui avaient entendu parler de leurs exploits que les regards passèrent, du moins en partie, de la méfiance à la reconnaissance. Il fut même plutôt facile de négocier une rencontre pour le lendemain avec le conseil de l’Umbra.

Sans l’option de louer une chambre à l’auberge, Valtrex amena ses alliés dans ce qui avait été la maison de Zen’kar, son père. Vidée de tout son mobilier, on n’y trouvait plus qu’un vieux lit décrépit et une épaisse couche de poussière et de toiles d’araignées. La drow s’installa pour méditer sur le lit tandis que les autres s’installaient pour dormir dans les deux autres pièces. Au beau milieu de la nuit, la druidesse sentit des longs filaments collants tomber sur sa tête. Elle avait à peine eu le temps de lever les yeux qu’une énorme araignée (plus du double de la taille de la druidesse elle-même) lui tombait dessus.

Les cris de Valtrex réveillèrent tout le monde, mais il fallut un bon moment avant que quelqu’un ne réussisse à la rejoindre avec une source de lumière. Les autres arrivèrent à temps pour voir leur amie essayer de se déprendre des pattes d’un monstre qui, malgré sa position, ne semblait pas poser de menace immédiate, d’autant plus que son corps était couvert de bandages et de pansements partiellement ensanglantés. Qui plus est, la créature hybride était composée de l’abdomen d’une araignée géante surmonté du torse et de la tête d’un drow aux traits de Zen’kar.

Il fallut un certain temps à Valtrex pour s’en convaincre, mais elle se trouvait bel et bien en présence de son père. Le rituel auquel le guerrier s’était laissé exposer avait effectivement fait de lui un meilleur chasseur d’aberrations : plus fort, plus agile, plus rapide, mais visiblement traumatisé par l’événement. Tentant de communiquer par des grognements et des gémissements, il n’arriva même pas à faire comprendre si son mutisme était la conséquence de sa transformation ou de ses combats récents contre les monstres de Khyber.

C’est avec cette scène en tête que le groupe se rendit vers le temple de l’Umbra. Comme à leur dernière visite, ils furent interdits d’amener avec eux quelque source de lumière qui soit. Tout le monde à part Valtrex dut donc se résoudre à avancer à tâtons jusqu’à la salle d’audience. Les membres du conseil de l’Umbra se montrèrent à prime abord peu préoccupés par la présence de dragons élémentaires à la surface et loin au nord de leur territoire. Ils étaient beaucoup plus attentifs à l’arrivée possible dans l’année d’une armée psionique connue pour mettre les non-humains à l’esclavage, mais même cela n’arrivait pas à occulter la pression constante des aberrations venues des enfers.

C’est d’ailleurs vers ce point que le conseil dirigea doucement la conversation. Les dirigeants d’Ossiryn étaient toujours très reconnaissants des rituels druidiques des Confins d’Eldyn que leur avaient rapportés Valtrex et Rowan, mais ils avaient dû faire appel aux connaissances arcanes de leurs cousins sulatars, ce qui expliquait une présence de tant de leurs guerriers dans la cité, en échange d’une faveur future qui restait à nommer.

C’est à ce moment qu’un des drows proposa un marché. Le conseil s’assurerait que les gens les plus compétents se penchent sur les instructions de l’arme légendaire, trouvent ce que pouvait être un vrai elfe veut dire à cet égard et, qui sait, peut-être même en trouveraient-ils un parmi la population d’Ossiryn. En échange, les compagnons accepteraient de mener une courte mission dans les tunnels de Khyber. Un grand groupe de sulatars était parti dans les souterrains avec les composantes et les instructions du rituel pour sceller la source des aberrations. Quatre jours plus tard, non seulement était-on sans nouvelles d’eux, mais les deux groupes d’éclaireurs envoyés à leur recherche étaient aussi portés disparus. Pour couronner le tout, le groupe de sulatars était dirigé par l’équivalent d’un prince de son peuple et ne pas tenter de se porter à son secours pourrait mettre un péril la fragile alliance entre les deux nations drow.

Les aventuriers quittèrent donc le temple pour ramasser leur équipement et descendre jusqu’aux niveaux les plus profonds de la forteresse d’Ossiryn. En sortant, Valtrex aperçut dans le noir les silhouettes d’un humain et d’un homme-lézard qu’elle ne reconnut pas sur le champ, mais qu’elle identifierait quelques heures plus tard comme Xorchilit et Connor de Delethorn. Entretemps, les compagnons furent heureux de constater que les drows avaient repris presque tout le territoire de l’ancienne cité elfique. Il fut donc facile de descendre jusqu’à ce qui avait autrefois été le premier étage. Le niveau de l’ancien rez-de-chaussée, en revanche, grouillait encore parfois d’aberrations. C’est donc avec la plus grande prudence que le groupe quitta la citadelle pour s’avancer dans les cavernes naturelles qui serpentaient tout autour.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour remarquer une faible lueur rougeâtre à l’avant, accompagnée d’une forte odeur de soufre. Un bref instant plus tard, une meute de monstres à l’apparence de bêtes sauvages crachant le feu apparut en chargeant. Derrière eux, une aberration encore plus étrange, composée principalement de flammes, lançait l’une après l’autre des projectiles incandescents qui laissaient les bêtes indemnes, mais embrasaient le sol et les aventuriers qui s’y trouvaient. Grâce à la magie de Xanaph, le groupe put résister partiellement à la chaleur et, au terme d’un long et douloureux combat, venir à bout de l’incursion de Khyber.

Pendant qu’Aolani s’assurait que personne n’avait subi de blessures trop sérieuses, Valtrex prit le temps d’inspecter les environs pour découvrir les traces d’un grand nombre d’humanoïdes, suivi plus tard par celles de deux petits groupe, ce qui semblait correspondre aux sulatars et aux deux équipes d’éclaireurs. Suivant le chemin emprunté par tout ce monde, qui s’avérait également être celui d’où venaient les aberrations enflammées, les aventuriers descendirent pendant plusieurs heures, dans des tunnels de plus en plus chauds, avant de voir le prochain signe de vie.

Dans une grande caverne sentant le soufre et le charbon, éclairée doucement pas des bassins de lave, un écran de fumée volcanique laissait entrevoir les silhouettes de quatre créatures. Trois d’entre elles semblaient être des drows qui, selon le bruit, étaient en train de creuser le sol. Une quatrième avait plutôt l’air d’un immense assemblage d’ossements disparates flottant à une mètre au-dessus du sol. Soit les drows n’avaient pas connaissance de sa présence, soit ils l’ignoraient tout simplement. Dewdrop s’avança pour mieux voir et fut surprise de constater que les drows étaient littéralement en feu. Quant à la quatrième créature, elle ressemblait à un grand nuage de fumée rouge à l’intérieur duquel flottaient un crâne à cornes, des vertèbres non connectées et quatre longs bras se terminant par des griffes acérées. Xanaph l’identifia comme un immolith, un démon mort-vivant sorti des endroits les plus chauds de Khyber. Profitant de l’effet de surprise, les compagnons sautèrent tous ensemble sur le démon. Évidemment, les trois drows ignés se portèrent tout de suite à sa défense, ce qui força le groupe à se battre sur deux fronts. Très vite, Aolani se retrouva à combattre seule avec ses zombis contre l’immolith. Balancée de gauche à droite, poussée dans la lave, la goliath réussit tout de même à encaisser les coups, à se relever et à se servir du pouvoir de sa masse enchantée pour briser les os du démon.

Le combat terminé, Xanaph se rendit compte que ce que les drows de feu avaient commencé à creuser se trouvait être un immense filon de pierres de Khyber. À l’œil, la valeur de revente d’un tel pactole dépassait facilement les cent mille pièces d’or. Dewdrop trouva quant à elle que, derrière les caisses remplies de cristaux, se trouvaient les cadavres rôtis de cinq drows, clairement des umbragens et donc vraisemblablement les restes de la dernière patrouille d’éclaireurs.

Espérant trouver l’explication derrière l’existence de drows enflammés, le groupe continua à suivre les traces de pas toujours plus creux dans les souterrains, la température continuant à augmenter à mesure que les tunnels menaient plus bas. Dans une large ouverture où la chaleur était à peine supportable, les aventuriers tombèrent sur un grand groupe de drows qui n’essayaient visiblement pas de se cacher.

Une poignée de sulatars se tenaient au bout d’une péninsule rocheuse donnant sur un lac de lave, à côté d’une pile de drows morts ou inconscients, probablement la première des deux patrouilles umbragens. Un des sulatars prenait les apparentes victimes une par une et leur plaçait les mains sur un genre de stalagmite fait de soufre, prenant soin de ne pas y toucher lui-même. Chaque fois, le drow s’immolait en un instant, avant d’être jeté à la lave. Il n’y restait apparemment pas longtemps car, quelques mètres plus loin, les drows ressortaient en pleine forme et couverts de flammes. Ils paraissaient également complètement dociles et obéissants à l’égard du sulatar en charge des opérations, le prince que les aventuriers avaient été envoyé sauver. Il était clair que lui et son groupe avait trahi les leur race pour déchaîner sur elle encore plus d’aberrations enflammées.

Les aventuriers espéraient profiter encore une fois de l’effet de surprise, mais une gigantesque araignée démoniaque tomba du plafond derrières eux, bloquant toute retraite potentielle, alors que les sulatars prenaient les armes pour charger par l’avant. Aolani resta derrière pour empêcher l’araignée de faucher tout le groupe d’un coup avec ses pattes acérées, la quittant des yeux uniquement pour envoyer la bénédiction des Sinistres Six sur ses alliés. Xanaph se retrouva rapidement verrouillée en duel avec le champion du prince, qui se battait lui aussi avec deux cimeterres enchantés, tout en utilisant son bouclier mystique pour réduire de son mieux l’impact des coups subis par Aolani. Valtrex, quant à elle, lançait vague après vague d’énergie primale pour abattre les nombreux autres guerriers sulatars. Pendant tout ce temps, le prince restait derrière ses troupes, les guidant au combat tout en attaquant lui-même à coups de jets de flammes et de ténèbres. Pour couronner le tout, des aberrations lave sortaient de temps à autre du magma pour venir se joindre au combat.

Après un temps, le travail des aventuriers, bien mieux rodé que celui des sulatars et de leurs monstres, permit à Dewdrop de se dégager de la mêlée et de filer tout droit vers le prince. Bien qu’il la surpassait en puissante, la pixie se servit d’une série de feintes pour le faire trébucher tout droit vers le monolithe de soufre. Comme ses victimes précédemment, il se mit à brûler vif au premier contact. Ses souffrances furent de courte durée puisqu’il reçut presque aussitôt une dague glacée dans le dos, qui l’envoya sombrer dans la lave. Comme on pouvait s’y attendre, il se releva pour canarder la pixie, mais sa riposte fut de courte durée puisque sa transformation ne faisait qu’accélérer. Ses jambes se changèrent d’abord en magma, l’empêchant d’avancer, puis le haut de son corps se changea en un bouquet de flammes, que Dewdrop éteignit rapidement avec une vague d’eau glacée.

Sans leader, les drows et monstres en combustion furent facilement vaincus et même le champion finit par s’incliner devant Xanaph, allant jusqu’à lui offrir ses cimeterres en échange de sa vie. Son seigneur et lui obéissaient apparemment aux ordres d’Imix, un ancien et très puissant seigneur du feu, qui aurait envoyé un émissaire aux ailes de flamme jusqu’aux sulatars depuis le nord. Tout en écoutant le questionnement du champion, Valtrex fouillait les dépouilles des autres sulatars et put mettre la main sur le tome contenant le rituel des sentinelles drudique. Avec l’aide d’Aolani, elle réussit à détruire le monolithe élémentaire, qui se fissura s’écroula en un tas de gravier. Les effets secondaires apparurent quelques minutes plus tard, quand le lac de lave autour de la péninsule commença à refroidir et à se solidifier. Dans l’heure qui suivit, aucune aberration, pas même la plus petite, n’apparut dans la caverne. La source était bel et bien scellée.

De retour à Ossiryn, après de longues heures de marche, les aventuriers allèrent faire leur rapport au temple de l’Umbra. Bien que la source découverte et détruite ne puisse expliquer qu’une fraction des types d’aberrations qui menaçaient la ville-forteresse, toute baisse, même mineure, dans la fréquence des attaques, pourrait permettre aux umbragens et à leurs alliés vulkooris de briser l’impasse qui les empêchaient de pousser le font plus loin que les limites de l’ancienne citadelle. Quant aux sulatars, leurs dirigeants allaient devoir répondre à beaucoup de questions de la part du conseil de l’Umbra, mais il s’agissait là de politique qui ne concernait pas vraiment les compagnons. Le conseil considérait que ces derniers avaient rempli leur part du marché et des ressources seraient donc mises de côté pour trouver la moindre information qui leur serait utile.

Avant de quitter, Valtrex fit de nouveau ses adieux à son père, mais une autre chose restait encore à régler. Le groupe décida d’aller payer une visite à Xorchilit et Connor. Les deux semi-aberrations ne se cachaient pas. Bien au contraire, ils logeaient dans un grand appartement aux frais des dirigeants d’Ossiryn. En tant que « spécialistes » des créatures de Khyber, leur expertise avait une grande valeur aux yeux des drows. Ils n’avaient pas l’intention de retourner à Stormreach puisque la Cabale des ombres s’était dissoute et que ses obscuras étaient occupées à se battre entre elles et avec les autres factions cherchant la prophétie. Cela correspondait à un message envoyé plus tôt par Keptolo comme quoi la tension entre les quatre factions avait éclaté en guerre civile. Xorchilit était même prêt à marchander avec ses anciens ennemis. Pour montrer sa bonne fois, il leur glissa même que le « Imix » vénéré par les sulatars était aussi le nom d’un des huit dragons élémentaires survolant Stormreach. Les aventuriers n’étant prêts à rien donner en échange, il s’arrêta là et garda pour lui la source de ses informations, rappelant toutefois que, tant qu’il serait dans le coin d’Ossiryn, son offre de collaboration demeurerait.

Dans les jours qui suivirent, les aventuriers firent tout pour éviter de croiser les deux semi-aberrants. En circulant dans le quartier où se trouvait la majorité des drows vulkooris, Valtres remarqua un puis deux drows avec des marques pratiquement identiques à celle de Netayef, lui aussi vulkoori. Xanaph put confirmer qu’il s’agissait là de véritables dracogrammes. S’agissait-il de la marque de la mortm qu’on croyait disparue depuis longtemps, ou bien de la découverte d’une nouvelle marque? Quoi qu’il en soit, Les similitudes entre les trois marques observées étaient trop grandes pour qu’on puisse croire à des dracogrammes aberrants.

La demi-elfe serait bien restée pour étudier le phénomène, mais une tâche plus pressante attendait le groupe. C’est ainsi que, aidée par ses compagnons, Aolani créa un portail pour téléporter tout le monde jusqu’aux Ailes de la prohpétie , l’aéronef caché à quelques kilomètres de Stromreach.

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Inspirés expirés (2 de 2)
Où on en savait trop

La montée se déroula dans le silence le plus total, jusqu’à ce que l’ascenseur s’arrête, tout près du sommet de la tour. L’inspiré et sa suite se dirigèrent vers une salle de réunion dans laquelle se trouvaient déjà deux autres inspirés, quelques gardes et quatre vrais vaisseaux. Au milieu de la pièce, douze porte-documents avaient été déposés sur une longue table de bois entourée d’autant de chaises. Le centre de la table était recouvert d’une grande carte en riédran représentant le continent de Xen’drik.

À l’invitation d’un des inspirés déjà dans la pièce, que les autres appelaient seigneur Ralastar, les quatre vaisseaux prirent place autour de la table et les trois comédiennes n’eurent pas d’autre choix que de faire la même chose. Tandis que les trois inspirés discutaient de la réunion qui s’en venaient, les vaisseaux restaient complètement impassible, ne jettat même pas un seul coup d’oeil à la chemise posée devant eux. Pendant un instant, Ralastar sembla s’inquiéter du retard des derniers vaisseaux, mais les deux retardataires finirent par arriver et prendre place autour de la table

L’inspiré croisé dans l’ascenceur, identifié comme le commandant de la garde Harulkek, demanda alors aux gardes d’attendre à l’extérieur de la pièce, avant de fermer la porter et d’aller lui-même s’asseoir le long de la table, tout comme l’inspirée dont on ne connaissait pas le nom. Ralastar prit place sur le siège le plus loin de la porte et, sur un ton solennel, déclara la séance ouverte.

C’est alors que débuta la plus invraisemblable réunion à laquelle les aventurières de Stormreach. Plusieurs des vaisseaux assis autour de la table se trouvèrent soudainement secoués de spasmes à la limite de convulsions. Devant ce spectable inattendu, Aolani, Valtrex et Xanaph n’eurent aucune difficulté à feindre le choc. Une fois les secousses terminées, aucun signe physique ne laissait croire que quoi que ce soit d’anormal venait de se passer. Certains des vaisseaux avaient pourtant changé complètement de posture et de maniérisme, comme s’ils étaient possédés par quelqu’un d’autre. Ils ouvrirent tous leur chemise pour prendre connaissance des documents, écrits dans une langue inconnue, qui étaient à l’intérieur et commencèrent à discuter, entre eux et avec les trois inspirés, encore une fois dans une langue inconnue qui ne ressemblait en rien au riédran.

Pendant un long moment, les trois femmes déguisées magiquement en vaisseaux humains échangeaient des regards et des hochements de tête avec les autres personnes présentes tout en suivant les conseils de Dewdrop, toujors cachée dans la poche de Valtrex. La drow avait par ailleurs utilisé les pouvoirs de sa couronne, qui tressaillait à l’idée d’être si près de son objectif, pour lire les pensée de surface du commandant Harulkek. Entre cette sonde, le images contenues dans le document et la carte sur la table, les aventurières réussirent à comprendre que les les inspirés de Sarlona avaient des visées sur Xen’drik bien au-delà des environs de Dar Qat. Les prochaines cibles des inspirés semblaient en effet être la région de Stromreach et l’Anneau des tempêtes, là où vivent les drows Umbragens dont fait partie Valtrex. La priorité immédiate restait toutefois de ne pas se faire repérer, tout en espérant que la rencontre se termine avant le rituel d’illusion.

Finalement, après presque deux heures de débat parfois assez mouvementé, il y eut un moment de silence pendant lequel les vrais vaisseaux furent de nouveau pris de soubresauts, puis chacun des d’entre eux se leva et se dirigea vers la porte, en prenant bien soin de jeter ses documents dans le brasero avant de partir. Aolani, Valtrex et Xanaph firent de même, estimant s’en être sorti plutôt bien mais, juste avant qu’elles ne sortent de la pièce, Ralastar leur demanda de rester le temps qu’il leur pose quelques questions.

Il ne s’était apparemment pas rendu compte du subterfuge, mais il sentait qu’il y avait quelque chose d’anormal. Ayant vu que trois des esprits gardiens étaient restés silencieux tout au long de la rencontre, il n’arrivait pas à savoir si ce mutisme représentait un consentement ou une objection au plan accepté par les neuf autres. Quand il demanda si une d’entre elles avait ressenti quelque chose d’inhabituel pendant la séance, Xanaph commis l’impair de raconter qu’elle avais senti une présence dissipée alors que Harulkek plaçait les pièces sur la carte. À l’air attristé que prit Ralastar, la demi-elfe sentit immédiatement qu’elle avait gaffé.

Le contenu de la rencontre étant complètement confidentiel, les inspirés ne pouvaient malheureusement pas se permettre de laisser partir des civils se souvenant, même partiellement de son contenu. Comme les vaisseaux étaient apparemment censés le savoir, un tel accident ne pouvait se solder que par la mise à mort des individus concernés. Se tournant vers Harulkek, le leader des inspiés de Dar Qat demanda à son commandant de procéder à l’exécution. Désireux de ne pas assister à une boucherie et sachant que l’ascenseur ne serait pas de retour avant une dizaine de minutes, Ralastar demanda à la troisième inspirée de les téléporter tous deux au rez-de-chaussée.

Harulkek semblait ne même pas considérer que les trois vaisseaux puissent résister à la demande de Ralastar, ce que la sonde mentale de la couronne de Valtrex confirmait. Il fit entrer les soldats restés dans le corridor et demanda aux trois aventurières de s’agenouiller devant leurs épées. La supercherie avait atteint sa limite. Dewdrop se révéla et les trois autres sortirent leurs armes, au grand étonnement des militaires présent. L’effet de surprise donna un sérieux avantage aux quatre guerrières, qui mirent à mort leurs agresseurs sans trop de difficulté.

Dans les contrecoups du combat, les aventurières ne savaient plus où donner de la tête. Les corps furent vite cachés sous la table, mais les taches de sang étaient plus difficiles à cacher. Le quatuor alla donc se réfugier dans une autre salle le temps de décider quoi faire pour la suite des choses. Heureusement pour le groupe, Dewdrop avait sauvé des flammes un exemplaire des documents de travail des vaisseaux possédés. Un rituel mené par Aolani plus tard, on apprenait que les inspirés connaissaient déjà l’existence de l’arme, de même que son fonctionnment. Ils comptaient s’en servir pour libérer Stormreach des dragons élémentaires et arriver en sauveur pour une population humaine qui ne refuserait certainement pas ses nouveaux seigneurs vue la hausse du niveau de vie qui viendrait avec le nouveau régime. Une fois la construction d’un monolithe psionique terminée, les non-humains seraient facilement réduits à l’état d’esclaves. Le plan nécessitait évidemment de trouver l’arme en question, mais les inspirés avaient apparemment quelques pistes, la première d’entre elles les menant chez les Umbragens de l’est de Xen’drik.

Pendant tout ce temps, la couronne de Valtrex n’arrêtait pas de lui murmurer de fouiller la tour pour trouver la pièce qu’elle recherchait. Si elle ne sentait pas sa présence près du sommet, c’est qu’elle devait se trouver au contraire dans les niveaux de sous-sols. Une divination de la prêtress golaith indiqua quant à elle que l’information à propos de l’arme se trouvait également vers le bas. Après une brève concertation, il fut décidé de dérober les effets personnels de Harulkek et de ses soldats, de se servir de la magie pour prendre leur apparence et de prendre l’ascenseur pour descendre jusqu’au niveau que les divinations indiquraien, mais pas avant d’avoir envoyé un message à Rowan pour l’informer du plan.

Quand l’ascenseur pu enfin être rappelé au haut de la tour, les quatre guerrières entamèrent leur longue descente. La flèche conjurée par Aolani pointait encore et toujours vers le bas du bâtiment mais, arrivé à la hauteur du deuxième étage, la plateforme s’arrêta net. Quand la porte s’ouvrit, ce fut pour dévoiler nul autre que Ralastar, entouré de quatre des vaisseaux ayant pris part à la rencontre tenue plus tôt. Le seigneur s’adressa à celui qu’il croyait être Harulkek, demandant s’il y avait eu le moindre problème avec l’exécution des éléments aberrants. Au début, tout se passait étonnament bien. Prenant soin que personne n’entre en contact avec l’illusion qui l’entourait, Dewdrop jouait le rôle à la perfection. Juste au moment où Ralastar s’apprêtait à repartir de son côté, il s’arrêta net pendant un moment, comme si une voix s’adressait à lui. Se retournant vers Dewdrop, il dit aux vaisseaux autour de lui: “Harulkek est mort. Son partenaire vient de nous en informer. Je ne sais pas qui est cet imposteur, mais il ne faut pas qu’il sorte d’ici vivant.” Encore une fois, les vaisseaux furent pris de convulsions. Un instant plus tard, ils étaient passés du stade de fonctionnaires vieillissants à celui de duelistes légendaires.

Tout au long du combat qui s’en suivit, la couronne de Valtrex répétait sans cesse: “Ne tuez pas Ralastar. Il me le faut vivant.” Prenant mille précautions pour obéir à la demande de son couvre-chef, la druidesse réussit à mettre l’inspiré incoonscient pendant qu’Aolani, Dewdrop et Xanaph s’occupaient chacune d’un des vaisseaux. Le quatrième, qu’on avait oublié jusque là, s’avançait alors pour transpercer la drow de sa dague, mais c’est lui qui passa l’arme à gauche quand il reçut un grand coup de marteau derrière la tête. Suivant les instructions de Valtrex, Rowan avait fait son chemin à travers les rue de Dar Qat jusqu’à la tour où se trouvait le reste de son équipe.

Le groupe enfin réuni, il était alors temps de reprendre la mission qu’on s’était donnée et de suivre la flèche d’Aolani vers les sous-sols. Trois étages plus bas, les aventuriers arrivaient dans une immense archive remplies de milliers d’oeuvres d’art, de documents écrits et d’autres types artefacts, possiblement tout ce que les Riédrans avaient accumulé depuis leur arriver à Xen’drik. Trouver un objet précis dans cette voûte pourrait prendre des jours, mais la couronne de Valtrex lui proposa une solution. Si on déposait la relique sur la tête de Ralastar, l’homme serait réduit à l’état de marionnette et elle pourrait lui soutirer un à un tous les secrets enfouis dans sa tête. Malgré les objections de ses camarades, Valtrex préféra écouter la suggestion de celle qui partageait sa vie nuit et jour depuis des mois.

Dès que la chose fut faite, le corps de Ralastar se redressa et fut suspendu dans les airs comme par des fils invisibles, puis on tomba vraiment dans le domaine du cauchemar. Le sang commença à suinter le long de la base de la couronne, puis l’objet se souleva du front du seigneur, entraînant la calotte avec lui. Entre les deux, une créature sortait petit à petit. Mélange de mort-vivant, de scorpion, de serpent et de bien d’autres créatures repoussantes, la chose ne laissait aucun des aventuriers indifférent. Quand il eut finit de s’extirper de son enveloppe, le monstre faisait plus de cinq fois la taille de Ralastar. De ce dernier. il ne restait plus qu’une enveloppe vide translucide, comme celle laissée derrière par une cigale.

Communiquant par télépathie, la chose sans bouche remercia d’abord les aventuriers de lui avoir permis de passer de son monde vers celui d’Eberron. D’un ton qui ne pouvait être autre chose que terrifiant, elle les invita ensuite à joindre sa famille et marcher à ses côtés sur ce qui allait être son nouveau royaume. La proposition semblait impliquer de porter ou de marier les descendants du monstre, mais les détails se perdait dans l’aura de terreur. Gardant malgré tout leur sang froid, les aventurières étaient presque prêtes à considérer l’offre d’alliance, mais Rowan les fit sortir de leur trance en se ruant sur le cauchemar incarné. La bête riposta à coup de rayons de lumière noire et même la carcasse flottante de Ralastar se porta à sa défense, mais le ton des messages télépathiques ne devint jamais agressif ni inquiet. Pendant les minutes que dura le combat, la chose continua à faire miroiter son offre sous tous les angles possibles, jusqu’au coup final qui la fit lâcher un cri d’agonie qui sembla s’étirer pendant des heures, mais qui ne dura en fait qu’une fraction de seconde. L’enveloppe de Ralastar, quant à elle, se dissipa tranquillement et progressivement, comme on imagine un fantôme passer vers le plan des ombres.

Sentant que le temps pressait, Aolani invoqua pour une troisième fois de la nuit sa flèche enchantée, qui les guida directement vers l’allée du sous-sol renfermant les artefacts récupérés des ruines de Mel-Aqat. Tous les objets suffisamment petits furent mis dans le sac magique de Dewdrop et les articles trop grands, comme des mosaïques de plus d’un mètre de haut, furent réduits pas sa magie de pixie avant d’être empochés. Tant qu’à y être, tous les objets magiques à portée de la main se retrouvèrent également au fond du sac. Un dernier rituel plus tard et le groupe fuyait une ville probablement sur le point d’être déstabilisée par la mort de deux de ses dirigeants.

Après un examen sommaire des écrits et des murales trouvées à Mel-Aqat, les aventuriers durent admettre qu’ils avaient là toutes les informations qui leur manquaient pour comprendre comment activer l’arme. Évidemment, il restait encore à affaiblir suffisamment les dragons au-dessus de Stormreach pour être en mesure d’utiliser l’arme pour les sceller et, bien sûr, à trouver les quatre personnes (elfe, géant, reptilien et rakshasa) dont le sacrifice servirait à alimenter la relique. Pour le moment, les cinq aventuriers pouvaient enfin se permettre de souffler et prendre le temps de planifier leur prochain coup. La traversée du désert tirait à sa fin.

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Inspirés expirés (1 de 2)
Où on pousse la supercherie un brin trop loin

Près d’une semaine après avoir laissé derrière eux les ruines de Mel-Aqat, les cinq aventuriers quittaient enfin le désert de Menechtarun pour arriver dans une région montagneuse donnant sur une étroite baie. De l’autre côté de l’étendue d’eau se dressait une grande ville dotée d’une dizaine de grandes tours, toutes éclipsées par le monolithe de quelque deux cents mètres se trouvant derrière. Sans nul doute, il s’agissait là de la cité riédrane de Dar Qat.

En faisant le tour de la baie à travers les collines pour s’approcher discrètement de la ville, les aventuriers ont été la cible d’une attaque venant non pas de Dar Qat, mais plutôt des pentes derrières eux. Le groupe d’assaillants était composé de goliaths, d’une poignée de nains à la peau noir de jais et d’un petit humanoïde couvert de chitine. S’exprimant dans une langue inconnue, ils s’en sont étrangement pris uniquement à Rowan et Xanaph. Par contre, en voyant tous les compagnons prendre les armes pour se défendre, le petit insectoïde utilisa quelque sorte de pouvoir psionique pour mettre tout le monde inconscient. Rowan résista à cette attaque, mais tomba sous la somme de dards empoisonnés lancés par les nains couleur charbon.

Ce n’est qu’un bon moment plus tard que tout le monde se réveilla dans une caverne à quelques pas de là. Ayant compris que personne ne comprenanait sa langue, Mearades, la goliath qui semblait être la chef du groupe essaya de leur parler dans la langue des géants avec davantage de succès. Le malentendu venait du fait que sa bande et elle étaient en fait des escalves de Dar Qat en fuite. Après avoir vécu dans la servitude pendant des années, ce n’est que lors d’une expidition à l’extérieur de l’enceinte de la cité et grâce à un effort de volonté phénoménal que Mearades a pu concevoir l’Idée de s’affranchir de l’esclavage. L’instant d’après, elle tuait ses maîtres, forçant les autres esclaves du groupe à la suivre. En appercevant une drow, une goliath et une pixie voyager avec ce qu’elle croyait être deux humains, elle pensait bien faire en tentent de mener une opération de libération.

L’altercation a quand même eu de bon que les aventuriers de Stormreach ont pu en apprendre beaucoup à propos de Dar Qat. La société y était divisée en caste : 12 inspirés, quelque 700 vaisseaux, des milliers de citoyens et presque autant d’esclaves. Les aventuriers en apprirent aussi beaucoup sur plan de la ville, ses effectifs militaires, sa religion, etc. La présence d’esclaves évadés permit même à Aolani de compléter un rituel qui permettrait à tout son groupe de comprendre et parler la langue des gens de Riedra.

Pendant que Rowan attendait que l’antidote au poison des nains fasse effet, les quatre autres aventurières se dirigeaient vers Dar Quat. Il fallut beaucoup de temps pour trouver un brèche fiable entre les patrouilles de gardes sur les murailles, mais l’entrée se fit finalement sans problème. Un fois dans les rues de la ville, la sécurité devenait pratiquement nulle. Nains, goliaths et membres d’autres races vaquaient à leurs occupations sans contraintes ni surveillance. Dewdrop profita de ce climat détendu pour partir à la chasse aux informations. La récolte fut bonne, car elle permit de découvrir que les fresques de Mel-Aqat étaient susceptibles de ce trouver dans seulement deux des douze tours de la ville. Aolani enchaîna avec le même rituel de déception qui avait permis au groupe de se faire passer pour des jeunes géants de pierre, cette fois pour avoir l’air de quatre vaisseaux. Un autre rituel, de divination celui-là, indiqua laquelle des deux tours avait le plus de chance de renfermer l’information convoitée. Et plus le groupe progressait, plue la couronne de Valtrex lui murmurait qu’elle approchait du but. Tout se déroulait merveilleusement bien.

Arrivés à la tour, les aventurières se rendirent compte que la journée de travail venait de se terminer alors que les vaisseaux et les simples citoyens sortaient par dizaine. Les quelques rares individus qui désiraient entrer se faisaient demander leurs papiers par les gardes à l’intérieur. Impossible de passer par là sans attirer l’attention. Par contre, le groupe trouva un peu plus loin une porte secondaire qui devait servir pour les livraisons et qui n’était surveillé que par un seul garde. Uncoup bien placé de Dewdrop suffit pour lui faire perdre conscience.

À l’intérieur, le garde inconscient fut caché au fond d’une pièce remplis de caisses contenant nourriture, fournitures de bureau et autres. Un escalier de service partait de ce depôt, mais n’atteignait que le dixième étage d’une tour qui en comptait une quarantaine. Un ascenceur magique traversait l’édifice en son centre, mais à en croire l’information amassée par Dewdrop, seuls les inspirés et les vaisseaux possédaient le focus donnant accès aux derniers étages. Redescendant au rez-de-chaussée pour voir si elles n’auraient pas raté quelque chose, les héroïnes tombèrent nez à nez avec trois vaisseaux. Avant que l’alerte ne puisse être donnée, ils se retrouvèrent assommés, détroussés de leurs biens et cachés dans un recoin à côté du garde. Aolani répéta son rituel, histoire de faire correspondre les illusions aux apparences des trois humains, tandis que Dewdrop se cachait dans la poche de Valtrex. Tous les vaisseaux avaient sur eux un badge magique, qui pouvait bien servir de focus pour l’ascenceur. Malheureusement, Aolani n’ayant pas eu accès à un exemple de texte en riédran au moment de lancer son rituel de compréhension des langue, personne n’arrivait à déchiffrer les phrases inscrites sur les badges.

Le groupe se rendit donc vers la porte d’ascenceur du rez-de-chaussée, se servit d’une des cartes pour en ouvrir la porte et… se retrouva face à un grand homme vêtu de pourpre entouré de trois soldats en armure. À son accoutrement et son assurance, il n’était pas difficile de reconnaître là l’un des inspirés à la tête de la colonie. L’inspiré fit alors simplement signe aux trois “vaisseaux” de monter à bord. Méprenant leur surprise pour du respect à son égard, il ajouta qu’il y avait suffisamment de place pour tout le monde et qu’il serait ridicule de faire patienter ses sujets inutilement dans un corridor vide alors que lui et eux se rendaient à la même réunion.

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Dans les ruines de Mel-Aqat
Où on lutte contre la fraude

En route vers la cité de Dar Qat en coupant par le plan des ombres, le groupe est venu à passer près de la silhouette de ce qui semblait être une grande ville couverte de serpents de ténèbres. Curieux, ils sont revenus sur Eberron pour y observer les ruines d’une immense cité de pierres au milieu des collines désertiques à l’est du désert de Menechtarun.

Xanaph d’Lyrandar émit l’hypothèse qu’il s’agirait de la cité perdue de Mel-Aqat, un endroit dont on ne saurais rien si ce n’était d’une expédition menée par un archéologue du nom de Janik Martell il y a une dizaine d’années. Après l’avoir pillée jusqu’à la dernière pièce d’or lors d’une première édition qui coûta la vie à des dizaines de personne, Martell y était retourné pour en savoir plus, mais on restait sans nouvelles de lui même après quelques années.

Pendant que la demi-elfe faisait son résumé à ses alliés, un homme qui avait réussi à s’approcher à quelques mètres du groupe sans être vu fit connaîre sa présence. Malgré sa longue barbe, ses vêtements déchirés et ses traits fatigués, Xanaph ne pu s’empêcher de reconnaître Janik Martell.

Ravi d’enfin pouvoir prendre un bain et un repas chaud, l’archéologue expliqua que, entre ses deux visites à Mel-Aqat, la ville avait été envahie par des dizaines de géants de feu venus des montagnes. La seconde expédition a été décimée dès la première journée. Sans montures ni vivres, les quelques survivants avaient dû se résoudre à vivre comme des rats dans les anciens égoûts dans l’espoir que des secours arrivent un jour. À la connaissance de Martell, il ne restait plus que lui.

Avant de partir, cependant, il tenait à retourner à Mel-Aqat chercher les notes qu’il avait prises pendant les dernières années, histoire que son voyage ne soit pas complètement en vain. Voyant les compagnons hésiter, il ajouta qu’il connaissait l’emplacement d’une voûte encore pleine de trésors près de l’endroit où il gardait ses notes.

La nuit suivante, le groupe suivit Martell discrètement jusqu’à une brèche dans la muraille de la ville. Alors que Rowan et Mirage restaient là pour avertir les autres si l’issue était compromise. Toujours plus méfiante depuis qu’elle portait la couronne trouvée dans l’entrpôt des Douze à Sharn, Valtrex se jura de garder Martell à l’oeil. Quand il trébucha et alerta une patrouille de géants, le doute fut décuplé, surtout que la couronne murmurait que Martell aurait fait ça uniquement dans le but de jauger les capacités de combat du groupe. Son style de combat à la rapière était également digne des meilleurs bretteurs du Khorvaire, pas vraiment ce à quoi on se serait attendu d’un explorateure.

L’excitante fuite subséquente dans les ruelles de Mel-Aqat fut grandement facilitée par le fait que son architecture était clairement faite pour des créatures de taille moyenne. Les géants peinaient à suivre à travers les corridors trop étroits pour eux, ce qui permit au groupe de se glisser dans les canalisations qui serpentaient sous les rues de la ville.

Martell guida les autres à travers les tunnels jusqu’à plusieurs caches où il ramassait quelques effets personnels, mais rien de comparable aux richesses promises. Confronté à ce sujet, l’archéologue admit que le trésor qui ferait sa renommée, et la richesse de ses sauveurs, lui avait été dérobé par un groupe de morts-vivants. Leur chef devrait probablement être éliminé, mais nul doute que celles qui venaient de terrasser quatre géants de feu d’un coup seraient à la hauteur. Voyant qu’il commençait alors à perdre la confiance de ses compagnes de fortune, Martell profita d’un moment d’inattention pour voler le sac magique de Valtrex et filer vers ce qu’il avait appelé le mausolée. La drow voulut lui courir après, mais ne s’attendait pas à recevoir un coup de dague dans le dos de la part de Dewdrop.

La pixie s’attaqua si violemment à ses deux alliées qui tentaient de se porter au secours de Valtrex que les trois durent se mettre ensemble pour retenir la minuscule guerrière jusqu’à ce qu’elle sorte de sa trance meurtrière. Revenues de leurs émotions, les quatre aventurières partirent sans plus attendre sur la piste de Martell.

Les traces de pas conduisirent effectivement vers une grande salle ronde dotée d’un escalier étroit descandant face à son entrée. Entre les deux issues se dressaient quatre géants de feu couverts de blessures et en état avancé de décomposition. Impossible de traverser la pièce sans se faire remarquer. Les sens aiguisés de Valtrex décelaient pourtant que quelqu’un avait filé entre les griffes des morts-vivants jusqu’à l’escalier à peine quelques minutes plus tôt.

Plus les aventurières avançaient dans la pièce, plus les géants semblaient prêts à passer à l’attaque. Au lieu d’essayer de passer par la force, se disant que le groupe aurait besoin de toutes ses forces s’il fallait se battre contre Martell, Aolani tenta de convaincre les gardiens d’ouvrir la voie, se servant de son contrôle divin sur les morts-vivants pour appuyer sa demande. Appuyée par les talents diplomatiques de Dewdrop, la stratégie porta fruit et les géants laissèrent les guerrières aller rencontrer leur maître à l’étage d’en-dessous.

Jouant la prudence, les quatre descendirent lentement les marches de l’escalier aux marches inégales. Si elles n’avaient pas été si concentrées sur ce qui se trouvait sous et devant elles, les aventurières auraient peut-être remarquer qu’une créature se tenait dans une alcôve au plafon du passage. Continuant son chemin, le quatuor passa tout droit et se rendit dans un hall sentent la mort et la moisissure à plein nez.

Alors qu’elle fouillaient ce qui avait tout l’air d’un entrepôt qu’on aurait déjà pillé, les comparses furent attaquées subitement par une créature d’apparence humanoïde, avec une longue queue écailleuse à la place des jambes, mais surtout noire, translucide et flottant à près d’un mètre au-dessus du sol. La retraite devint impossible quand la cage d’escalier s’effondra soudainement sur elle-même, bloquant la seule issue. À lui seul, le monstre arrivait à tenir en joue les quatres aventurières, multipliant les rayons affaiblissants et les touchers faisant nécroser la chair.

Le combat dura près d’une minute avant que les deux parties concernées ne se réalisent qu’il n’y avait en fait aucune raison de continuer à se battre. Lorsqu’on lui eut expliqué que toute la situation découlait des manipulations de Janik Martell, le fantôme reptilien, qui se nommait Kravenghast, répondit, frustré, qu’il convenait plutôt de l’appeler Sazha ou encore La Fraude. Fraude était même la traduction presque directe du nom que les géants avaient utilisé plus tôt pour s’adresser à Martell.

Le vrai Martell avait été tué en même temps que son équipe peu de temps après son arrivée quelques années auparavant. Un rakshasa aurait alors assumé son identité pour tromper les géants. Il aurait convaincu les géants d’envoyer quatre guerriers pour tenter d’éliminer Kravenghast, mais ils auraient rapidement abandonné l’idée après que les quatre eurent fini en morts-vivants. Étrangement, Sazha lui-même n’avait jamais tenté de se battre directement avec le spectre.

Des heures de travail plus tard, la cage d’escalier était enfin suffisamment dégagée pour permettre à tous, même la goliath, de passer. Attendant la tombée de la nuit suivante pour éviter les géants, les quatre compagnes réussirent à rejoindre Rowan qui, après toute un journée à faire le guêt, pouvait confirmer que la ville avait très probablement été originalement habitée par des hommes-lézard ou une race apparentée.

Pour ce qui est du contenu du mausolée, l’expédition de Martell y avait effectivement trouvé une impotante quantité de pierreries et de métaux précieux il y a une quinzaine d’années, mais la vraie richesse, le savoir laissé par les anciens habitants de Mel-Aqat, avait été dérobé il y a plus de cinquante ans par des humains venus de l’ouest.

Sentant que ces humains étaient probablement des gens venus de Riédra, le groupe se remit en route vers sa destination initiale: la cité interdite de Dar-Qat.

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Auto-destruction
Où on passe près de la mort

Après leur victoire sans équivoque contre les agents du Codex écarlate et la prise de contrôle des Ailes de la prophécie, les compagnons se sentaient un peu au dépourvu. Balala s’était fait achever par une étrange archère sur une monture volante. Malgré les cris de détresse, les corps et les possessions de Dovahkiin, Sphero et Bravo d’Sivis ne furent jamais retrouvés. Comble de malheur, Xanaph confirma que l’arme invisible récupérée dans la cabine du vaisseau s’avéra n’être qu’une très bonne réplique.

Le groupe mit à contribution toutes ses ressources, magique comme terre-à-terre, y compris l’aide de Keptolo, pour découvrir le plus rapidement possible l’emplacement de la vraie arme. Entre l’analyse des documents de bord, les divinations et les rituels réalisés sur les cadavres de Thalas et Balala, on arriva à déterminer que l’arme était gardée en lieu sûr dans une base cachée de la moitié ouest de l’île où se trouvait l’Anse aux trois barils. C’était aussi vraisemblablement là qu’avaient été transportés magiquement les corps des trois disparus, selon un rituel découvert à bord de l’aéronef.

Trois jours plus tard, l’équipage des Ailes de la prophécie avaient contourné Stormreach et approchaient de la zone où devait se trouver la base. Monté sur son dracofaucon, Rowan, patrouilla les environs pendant de longues heures avant de repérer un endroit qui ressemblait parfaitement à ce qui avait été vu dans une divination.

Tout le monde était prêt à fouiller l’endroit, même si on le savait plein de pièges, mais Valtrex fut désignée pour rester à bord du vaisseau avec Keptolo pour protéger les arrières et s’assurer que le groupe puisse s’enfuir rapidement une fois l’opération terminée.

La première grande pièce du complexe, éclairée par plusieurs torches magiques, était gardée par deux golems armés de marteaux magiques. Dès que Dewdrop fit un pas à l’intérieur, les golems prirent la parole, lui donnant cinq secondes pour quitter les lieux. Le délai écoulé, les automates passèrent à l’attaque, frappant et piétinant les intrus de toutes leurs forces. Entre les tactiques de Xanaph, les coups violents et précis de Rowan et Dewdrop, et la magie restoratrice d’Aolani, les deux créatures furent mises hors d’état de nuire.

Les portes aux deux bouts d’un hall d’entrée menaient vers un dortoir collectif et une petite salle commune. Il n’y avait pas grand chose d’intéressant dans ces pièces, qui n’avaient clairement pas servi depuis plusieurs jours, à part quelques effets personnels des membres du Codex et deux globes magiques qu’on s’empressa de ramasser. Les deux petites pièces menait à un hall semblable à celui de l’entrée, lui aussi gardé par deux golems. Plutôt que de devoir combattre à nouveau, on fouilla les pièces déjà ouvertes, ce qui permit de trouver une porte cachée maeant du dortoir au centre du complexe.

Ce que les compagnons découvrirent de l’autre côté ressemblait en tous points à ce qu’ils avaient vu dans une des divinations : un gros coffre en bois reforcé de métal posé sur un plateau surélevé entouré de quatre brasiers. Contrairement à ce qui avait été aperçu dans la vision, le coffre était cependant entouré de Dohvhakiin, Sphero et Bravo en chair et en os. Prenant la parole pour le trio, le gnome affirma qu’il n’était pas surpris de voir débarquer ses adversaires et que c’était pour cette éventualité qu’une bonne alliés les avaient ramenés à la vie lui et ses compagnons, bien qu’il dut retenir une grimace en parlant d’avoir été ramené à la vie.

Aolani déduisit alors qu’ils n’avaient pas été ressucités à proprement dit, mais plutôt transformés en morts-vivants : des liches. Dovahkhiin s’empressa d’éteindre les brasiers, plongeant les lieux dans les ténèbres. Dans le temps que cela prit à Dewdrop pour sortir le globe magique ramassé plus haut, les trois mages du Codex avaient commencé à bombarder leurs adversaires. Heureusement, Xanaph connaissait un sort capable de faire résister toute son équipe à l’énergie nécrotique générée par les liches.

Alors que tout le monde se trouvait dans la pièce centrale et que les compagnons s’approchaient peu à peu du coffre, Bravo se retourna pour appeler Sesstaria en renforts. La shulassakar n’arriva jamais. Au lieu, le complexe commença ;a trembler au point que de gros morceaux du plafond tombaient sur la tête des comnbattant. Rowan se rendit au coffre, mais ce dernier était protégé par un piège magique empêchant les gens à proximité de se déplacer. Xanaph et Dewdrop réussirent à désactiver le piège et Rowan lança le lourd coffre à Aolani, qui l’amena vite à l’extérieur tandis que les autres achevaient de vaincre les trois liches.

De retour à bord des Ailes, les compagnons eurent au moins la satisfaction de constater que l’arme qu’ils venaient de récupérer était bel et bien celle qu’ils cherchaient. Par contre, sans qu’on ait détruit leurs phylactères, les liches pourraient revenir d’une jour à l’autre. Et que penser de l’implication de Sesstaria dans cette histoire? Le choix de la prochaine destination du groupe allait être primordial.

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Toute bonne chose a une fin
Où on reprend ce qu'on avait déjà pris

Après avoir repris contrôle de l’Éthérée pour le compte de l’Alliance de la lumière, les cinq compagnons de Stormreach ont décidé de mettre en oeuvre un plan pour récupérer les Ailes de la prophétie des mains du Codex écarlate.

Réalisant un rituel de divination, Aolani détermina que les membres du Codex avaient l’intention de se poser dans une clairière à quelques kilomètres à l’est de Stormreach et qu’Ils savaient déjà à quoi devait servir l’arme à bord, bien qu’ils ne sachent pas encore comment l’utiliser.

On considéra longuement emprunter l’Éthérée pour aller à la rencontre du Codex, mais conduire deux aéronefs impliquait de demander l’aide de Netayef et on souhaitait impliquer les membres de l’Alliance le moins possible dans l’opération. On partit donc avec les quatre faucons-dragons achetés au marché noir de Sharn pour aller en reconnaissance à l’est de la ville.

Après avoir trouvé ce qui semblait être le meilleur endroit où cacher un vaisseau volant, tout le groupe se cacha sous la canopée pendant que Rowan restait perché au sommet d’un arbre pour voir les Ailes approcher au cas où le Codex déciderait de se poser ailleurs.

Le groupe attendit toutes la journée, puis toute la nuit, Valtrex relayant Rowan, puis plus de la moitié de la journée du lendemain quand, enfin, un petit vaisseau entouré d’un anneau de feu approcha en provenance du nord. Lentement, il se dirigeait vers la clairière identifiée par les compagnons.

Lorsque l’aéronef se trouva à un centaine de mètres, quelqu’un sur le pont commença à faire des signaux de miroir. On craint d’abord que le Codex soit en train de contacter un allié caché, mais il apparut plutôt que les signaux s’adressaient à Rowan et lui faisaient signe de venir. Thalas, qui avait une vue presqu’aussi perçante que Rowan, avait repéré le guerrier de la nature.

Les compagnons montèrent alors tous dans les armes pour être à portée de voix du vaisseau. De son poste devant le gouvernail, Bravo d’Sivis pris la parole pour tenter de négocier. Le Codex était prêt à fournir certaines ressources aux compagnons pour réussir à activer l’arme et même à leur laisser l’arme de façon permanente lorsque ce serait chose faite. Ce qui était hors de question, cependant, était de les laisser récupérer le Rietveld, le fait que les compagnons l’aient volé une fois au Codex n’en faisant certainement pas les propriétaires. Quand, après plus de vingt minutes de discussion montrèrent qu’on n’arriverait jamais à une entente, le Rietveld fit simplement demi-tour.

Aussitôt, les compagnons enfourchèrent leurs faucons-dragons et montèrent à la hauteur du vaisseau. Après une longue poursuite au cours de laquelle les compagnons gagnaient peu à peu du terrain, la monture supportant Aolani et Dewdrop plongea en direction du vaisseau, mais un champ de force invisible bloqua net le passage des deux guerrières. De loin, Xanaph reconnut là l’effet d’un cercle de protection contre les créatures élémentaires. Elle-même et ses deux alliés en mêlée étant en partie élémentaires, le cercle les bloquaient tout autant que des dragons catastrophiques.

Aolani amena donc sa monture à la proue du navire, hors du champ de force, où Dewdrop put débarquer pour donner une volée à Thalas. Valtrex prit le temps de conjurer un mur de pierre séparant le pont en deux et isolant complètement le sorcier Dovahkiin. Rowan, quant à lui, alla se placer en plein devant le mage Sphero et donna un grand coup de marteau sur les runes du cercle magique pour en briser l’effet. Tirant un peu de l’arrière, Xanaph poussa sa monture pour charger l’arrière du vaisseau où se trouvait également Balala, la barbare de Seren.

Du pont avant du navire sortit bientôt une dame inconnu qui ne se gênait pas pour donner des ordres à Thalas et qui ne semblait pas surprise que la rencontre ait déjà dégénéré en combat. Elle ne tarda pas à révéler sa véritable identité en se transformant en gigantesque serpent à plumes et en menaçant de punir ceux qui avaient corrompu ses deux jeunes soeurs. Les compagnons devinèrent qu’ils devait s’agir là de Sesstaria, la supérieure de Lauraszacrel et Surrayana.

Si les membres du Codex esssayaient visiblement d’assommer leurs adversaires sans les blesser gravement, il en allait autrement pour Rowan, qui tentait clarement de briser les os de Sphero et Balala. Ses alliés lui emboitèrent rapidement le pas en tentant de pousser leurs adversaires en bas du pont du Rietveld malgré la chute de quinze mètres que cela impliquait.

Un à un, les compagnons de Thalas tombèrent dans les arbres sous le vaisseau. Quant à Sesstaria, elle était descendue suite à une erreur de calcul de Sphero et une zone de contrôle de Valtrex et n’était jamais remontée. Thalas lui-même tenta alors de se rendre en offrant aux cinq guerriers de garder l’aéronef et l’arme, en plus de l’or se trouvant à bord, si les cinq membres du Codex pouvaient simplement se sortir sains et saufs de cette rencontre. Rowan répondit qu’il aurait fallu accepter l’offre avant de le mettre en colère et fracassa le visage de l’elfe à grand coup de marteau.

À ce moment, Keptolo surgit de la cale du vaisseau, beaucoup trop tard, dague en main et prêt à défendre ses anciens alliés. Reprenant le contrôle de l’aéronef, Xanaph réussit à l’Immobiliser afin que tout le monde puisse fouiller ce qui s’e trouvait à bord. En plus de beaucoup d’or et de residuum, les caisses de la cale comptaient plusieurs objets magiques, la plupart destinés à combattre ou à amadouer des créatures élémentaires, ainsi que quelques rituels inconnus de Valtrex ou Aolani.

Au premier regard, l’arme invisible semblait avoir disparu, mais une recherche plus poussée révéla qu’elle avait simplement été réduite au dixième de sa taille par un rituel semblable à l’habileté naturelle des pixies.

Alors que le soleil baissait, on commença à entendre des bruits de combat et des cris de panique venant de la jungle. Selon Rowan, il s’agissait clairement là des cris des quatre survivants du Codex. Voulant voir ce qui se passait, Valtrex et Dewdrop descendirent jusqu’au sol en avançant précautionneusement. Suivant les bruits, elles tombèrent face à face avec Sphero, qui les implora de lui sauver la vie. Avant même que les deux guerrière ne puissent faire un pas, le mage tomba face contre terre, plusieurs flèches plantées dans le dos.

Regardant dans l’ombre, la drow ne vit que la silhouette d’une grand fauve ailé surmonté d’une créature humanoïde armée d’un arc. Quant au cadavre de Sphero, il disparu comme par magie. Les bruits cessèrent peu à peu. Continuant à fouiller les environs, la druidesse et la voleuse trouvèrent le cadavre de Balala, dépouillé de ses possessions, mais pas ceux de Dovahkiin ou de Bravo. On ramena la dépouille de la barbare à bord le temps de déterminer ce qui devait être fait par la suite.

Un rituel de divination confirma que Sakinnirot était un rajah rakshasa et qu’il se trouvait bel et bien dans les alentours de Stormreach. Une question supplémentaire permit d’apprendre que d’autres avaient eux aussi laissé des instructions par rapport à l’arme ultime, mais que leurs ruines avaient été pillées et que les artefacts qui s’y trouvaient autrefois étaient maintenant gardés dans la cité interdite de Dar Qat.

Avant de revenir à Stormreach pour faire les préparatifs nécessaires à un si long voyage, Xanaph alla analyser l’arme une dernière fois pour vérifier si le changement de taille avait affecté les propriétés de l’objet. L’enquête approfondie révéla avec horreur que l’objet présent devant elle n’était qu’une réplique de l’arme, enchanté d’une fausse aura censée laisser croire qu’il s’agissait d’une version réduite. Même avec ses talents poussés en magie arcane, la demie-elfe avait bien faillé se laisser bernée par l’Illusion.

Avant de se diriger vers Dar Qat, il fallait donc retrouver ce qu’il était advenu de l’arme. Heureusement, on avait à bord les cadavres de deux des cinq membres du Codex, de qui on pourrait sûrement soutirer quelques informations.

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Classe verte
Où on trouve un vaisseau de courtoisie

Après avoir sauvé le frère Bristol des blessures que lui avaient infligés les sahuagins de K’shegla, les aventuriers se retrouvaient avec une vingtaine de moines et de marins entassés dans la chambre froide qu’était devenu leur ancien bar. Une nuit de sommeil relativement confortable plus tard, Bristol décida que la meilleure chose à faire était d’emmener tout le monde au temple de l’Ost souverain de Prima Amberleaf, même si plusieurs des membres de son groupe étaient des fidèles d’autres religions. Pour assurer la sécurité de tout le monde, il demanda aux aventuriers du servir d’escorte armée sur le chemin.

Malgré les rues glacées patrouillées par bon nombre de géants de froid et autres créatures élémentaires, aucun ne fit signe de vouloir se battre. Il en alla de même quand, après avoir franchi la limite entre deux districts, la température monta de 30 degrés et que les patrouilles furent plutôt composées de géants de feu.

Au départ, Bristol hésitait à amener avec lui les compagnons, dont deux, Aolani et Valtrex, prient ouvertement des dieux des Sinistres six, à l’intérieur du temple. Cependant, en les entendant discuter entre eux de prophécie, d’arme secrète et de rakhshasas, il jugea qu’une rencontre avec Prima Amberleaf s’imposait.

Cette dernière les reçut comme s’ils avaient été des fidèles de son église. MIse au courant de leurs difficultés par Bristol, elle décida de leur montrer la puissance de la magie des deix de la civilisation. Autour d’un grand bassin d’eau bénite, elle compléta un long rituel, puis commença à poser des questions. La première révéla qu’il y avait pas moins de trois rakshasas vivant autour de la ville de Stormreach. Leurs noms, Marishantar, Lorishto et Sakinnirot, ne disaient rien à personne, mais quelques questions supplémentaires permirent d’apprendre que le rakshasa qui avait à l’époque sacrifié son âme pour sceller les dragons élémentaires l’avait fait pour briser une partie de la prison de Sakinnirot.

Le rituel terminé, madame Amberleaf promit aux aventuriers de leur laisser poser d’autres question, ou même de leur enseigner comment faire, en échange d’un service pour l’église de l’Ost souverain. L’alliance de la lumière avait autrefois trouvé dans les jungles de Xen’drik un ancien aéronef, l’Éthérée. Celui-ci était maintenant entre les mains de g.ants de pierre quelque part au nord-ouest de Stormreach. Amberleaf demandait donc aux compagnons de découvrirent où était garder le vaisseau et de le ramener dans un endroit caché où les gens de l’Alliance y auraient accès lorsque nécessaire. Voyant là une offre raisonnable, les héros se mirent en route vers le district contrôlé par les géants de pierre.

Chemin faisant, Dewdrop posa toutes sortes de questions pour voir ce qui se disait à propos des seigneurs qui dirigeaint chacun des districts de Stormreach, maintenant pour le compte des dragons élémentaires. Ce qu’elle entendit était aussi confus qu’invraisemblable. Un des seigneurs serait un figitif responsable de la mort d’un prince de Brélande. Un autre aurait manifesté le dracogramme d’une des maisons marquées. Un d’entre eux serait secrètement un prêtre de l’Église du Sang de Vol et un autre serait un espoion à la solde du plan des cauchemars. Enfin, une dernière rumeur insistait qu’un des seigneurs serait en fait un rakshasa déguisé. Impossible par contre de dire lesquelles de ces rumeurs étaient fondées et lesquelles s’appliquaient auquel des cinq seigneurs.

En fouillant le bon quartier, les compagnons trouvèrent l’endroit qui servait maintanant d’archive pour les géants de pierre. Entrer et fouiller la place aurait été relativement facile malgré les gardes, sauf que le hall d’entrée avait été transformé en salle de classe pour jeunes géants et que des cours s’y donnaient au moins seize heures par jour.

Plutôt que de forcer leur entrée et d’alerter tous les gardes des environs, Xanaph proposa qu’on utilise un des rituels trouvés chez les aberrations vivant sous l’Anneau des tempêtes pour donner l’Illusion que le groupe était composé de quatre jeunes géants de pierre, Dewdrop se dissimulant dans la poche d’Aolani.

Pendant de longues heures, les quatre compagnons durent faire semblant d’écouter attentivement un long monologue sur l’histoire des géants, mais les choses se corsèrent quand l’enseignant fit passer la classe aux travaux pratiques. mLes géants de pierre étant capables de durcir leur peau pour encaisser momentannément les coups les plus forts, le professeur distribua des massues de pierre et ordonna à ses élèves de commencer à se taper dessus. Valtrex dut invoquer l’aide des esprits de la nature pour éviter de se faire remarquer et Aolani put heureusement utiliser ses habiletés proches de celles des géants pour résister aux coups de massue. Rowan s’attendait à être démasqué tout de suite, mais il donna la performance de sa vie et fut même félicité par l’enseignant.

Éventuellement, Valtrex trouva un prétexte pour se rendre dans la réserve du bâtiment. Rapidement, elle s’arrangea pour y amener Dewdrop afin que la pixie puisse prendre le temps de trouver les documents traitant de l’Éthérée. La recherche fut longue et difficile dû au fait que Dewdrop ne comprenait pas la lnague des géants, mais elle ramassa tout de même quelques documents dont elle était certaine qu’au moins un contenait l’Information recherchée.

Il n’était pas trop tôt, puisque l’Illusion tissée par Xanaph commençait déjà à faiblir. Combinant leurs efforts, les compagnons firent croire à un incendie dans la réserve et profitèrent de la confusion pour prendre la poudre d’escampette.

À la sortie de la ville, les compagnons tombèrent sur une patrouille de trois géants de pierre postés là pour empêcher les habitants de s’éloigner de Stormreach. Par malchance, le rituel d’illusion choisit le moment où l’on s’aprêtait à discuter avec les géants pour cesser de fonctionner. L’altercation dégénéra vite en combat au cours duquel les compagnons subirent de nombreuses blessures, mais où tous les g.ants furent assommés. Après leur avoir fait les poches, Valtrex prit le temps de les égorger un par un pour s’assurer qu’ils ne puissent plus jamais être une menace pour qui que ce soit.

Les tablettes de pierre trouvées sur les géants n’apportaient que peu d’information sur l’emplacement actuel de l’Éthérée, mais les traces que les géants avaient laissées dans l’herbe donnaient une piste facile à suivre pour quelqu’un comme Rowan. Le chemin mena les aventuriers à l’aéronef, au fond d’un cratère où se trouvait une géante discutant à voix haute avec des plantes animées et des insectes géants. Elle semblait occuppée à sauver les plantes et les arbres que l’anneau élémentaire du vaisseau faisait dépérir. Tout comme un des gardes à la sortie de la ville, elle était à moitié recouverte de vignes et de lichens qui lui poussaient directement sur le corps.

Les héros purent s’approcher à l’abris d’un ensemble de rochers, mais ils furent remarqués dès que l’un deux sortit à découvert. Pour la seconde fois cette nuit, le groupe lutta contre un géant de pierre et, comme plus tôt dans la soirée, tout le monde sauf la géants s’en sortit indemne. À l’aide d’acrobaties, les membre du groupe grimpèrent les câble menant sur le pont du vaisseau, où Xanaph s’assura que tout était encore en état de marche.

Avant d’aller le dissimuler et d’en révéler l’endroit à Primar Amberleaf et à l’Alliance de la lumière, cependant, les compagnons avaient une utilisation à faire avec leur aéronef : se diriger au nord de Stormreach et intercepter le Codex écarlate pour reprendre le vaisseau qui leur avait été repris lors du voyage à Sharn.

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Retour à Stormreach
Où on découvre la nouvelle administration

Après un périlleux voyage passant par un raccourci à travers le plan des ombres, Dewdrop, Rowan, Valtrex, Xanaph et Aolani ramenèrent leurs faucons-dragons sur le plan matériel pour terminer le voyage vers Stormreach. À moins d’une journée de leur destination, les héros virent le ciel devant eux se couvrir d’épais nuages gris parcourus de ce qui semblait parfois être des blizzards et parfois des tempêtes de sable.

De son regard perçant, Rowan remarqua un objet massif qui semblait fuir l’avancée de la tempête en se dirigeant droit vers les cinq aventuriers. Au risque de devoir affronter les intempéries, le groupe attendit sur place quelques minutes pour voir plus clairement en quoi consistait l’objet qui approchait. Celui-ci se révéla être un aéronef de la maison Lyrandar. Vue leur récente expérience avec les membres marqués de la Compagnie de la roue noire, les compagnons étaient réticents à interagir avec quelqu’un d’une de leur familles, mais Xanaph convainquit le groupe qu’il y avait tout à gagner à essayer de leur venir en aide.

Alors que l’aéronef arrivait à quelques dizaines de mètres des compagnons et qu’il commençait lentement à distancer la tempête, celle-ci se condensa en six masses qui prirent rapidement l’apparence d’autant de dragons, chacun plus gros qu’un cheval. Trois d’entre eux semblait fait de terre et de pierres et volaient si maladroitement qu’ils n’avaient aucune chance de rattraper le vaisseau. Les trois autres, cependant, étaient faits d’un mélange de givre, d’eau et de nuages et ils filaient bien plus vite que ne le pouvait l’aéronef.

Sur le pont arrière, quelques personnes tentaient de descendre les dragons à coups de flèches ou de baguettes magiques, ce qui n’empêcha pas les trois bêtes d’atteindre le vaisseau et de commencer à lacérer autant l’embarcation que ses occupants. Sur le côté du vaisseau, les compagnons aperçurent nul autre que Xillich d’Lyrandar. Se tournant vers Xanaph, il l’implora de le sauver, promettant plus de pouvoir et de richesses que sa cousine ne pouvait imaginer. D’un signe de tête, la demi-elfe indiqua au reste de son équipe qu’elle n’avait aucunement l’intention de faire confiance à ce traître. Rowan prit cela comme une permission tacite de s’en prendre personnellement à Xillich. Il fonça donc sur le pont pour entrer en duel avec le maître de l’aéronef.

Pendant ce temps, Dewdrop et Xanaph taillaient en pièces le plus blessé des dragons. À défaut de leur faire aussi mal, Valtrex empêcha les deux autres d’agir, en contrôlant mentalement un momentanément et transformant l’autre en rongeur inoffensif assez longtemps pour qu’il encaisse une chute de plus de cinquante mètres jusqu’à la surface de la mer.

Solide comme le roc, Rowan encaissa plusieurs coups de Xillich sans fléchir et finit par avoir le dessus sur son adversaire. D’un coup de marteau, il lui enfonça la clavicule dans la cage thoracique. Crachant une bonne rasade de sang, Xillich promit qu’il aurait sa vengeance avant de s’effondrer raide mort sur le pont.

Les trois dragons d’air tombèrent aussi, mais l’aéronef endommagé se trouvait remarquablement ralenti. Heureusement pour ce qui restait de son équipage, c’était encore plus rapide que le vol des dragons de pierre, qui firent éventuellement demi-tour dans la direction générale de Stormreach.

L’équipage remercia chaleureusement ses sauveurs et, s’ils se plaignaient d’avoir perdu leur capitaine, les marins de semblaient pas trop peinés par le sort qu’on avait réservé à Xillich. Le second expliqua que les dragons élémentaires qui régnaient maintenant sur Stormreach avaient émis un décret empêchant à quiconque de quitter les alentours de la ville. Sentant ses intérêts menacés, Xillich avait rassemblé tous ceux prêts à prendre le risque de filer à bord d’un aéronef Lyrandar.

Malheureusement, dans l’état actuel et malgré quelques réparations sommaires effectuées par Dewdrop et Xanaph, l’aéronef endommagé ne pourrait jamais se rendre jusqu’au Khorvaire. Les compagnons l’escortèrent donc jusqu’à l’Anse-aux-Trois-Barils, une petite ville sur une île à quelques heures au nord de Stormreach. On n’y trouverait pas de quoi réparer le navire complètement, mais l’équipage y serais au moins à l’abri des dragons dans l’immédiat.

Pendant leur escale, Aolani reçut un message télépathique du frère Bristol. Depuis plusieurs jours, il essayait désespérément de contacter un allié dans le rayon d’action de son rituel de message. Depuis l’arrivée des dragons colossaux, les sahuagins d’en donnaient à cœur joie dans la zone du port de Stormreach. L’Héritier de Siberys, quartier général de l’Alliance de la lumière à Stormreach était depuis un bon moment assiégé par les troupes de K’shegla. À cours de vivres et épuisés par le siège, les membres de l’Alliance ne se battaient plus qu’avec l’énergie du désespoir.

Les cinq aventuriers reprirent donc leurs faucons-dragons et mirent le cap sur Stormreach. Le groupe fut vite encerclé de dragons élémentaires de toutes sortes, mais ceux-ci se contentèrent de les escorter jusqu’aux abords de la ville. Stormreach avait peu changé, sauf pour l’énorme maelstrom de flammes, de pierres et de nuages qui tournoyait lentement au-dessus d’elle. Dans les rues, des traces de chaos récents étaient visibles, mais la vue d’ensemble était relativement normale pour Stormreach. Les gardes de la ville avaient cependant été remplacés par des géants de toutes sortes: de feu, de froid, de pierre et plus encore.

Dans la baie au sud du port, le colossal Héritier de Siberys était assailli par des dizaines de sahuagins à la fois. Si leur avancée était presque entièrement freinée par une poignée de guerriers tels que Flamberge et Myriam, le tout ne semblait qu’une grande distraction pour ce qui se passait sous la surface des eaux. En effet, une poignée d’autres sahuagins était en train de percer le dessous de la coque, laissant l’eau s’infiltrer dans le navire. Sur le pont, Bristol repéra ses anciens alliés dans le ciel, mais il n’eut pas le temps de faire plus que de leur envoyer un signe de la main avant que l’Héritier ne commence à sombrer. Invitant tous les survivants de son équipage à le suivre dans le bateau, Bristol se barricada à l’intérieur, dans l’espoir qu’on viendrait le sauver.

Le geste de Bristol parut quasiment suicidaire pendant un instant, jusqu’à ce qu’on se souvienne qu’il connaissait un rituel permettant de respirer sous l’eau. Afin de venir en aide à aux autres membres d’équipage de l’Héritier de Siberys, les héros se posèrent dans le secteur du port qui se trouvait désormais à moitié englouti. Le temps de descendre des faucons-dragons et de compléter un rituel encore plus efficace que celui de Bristol, tout le groupe nageait à toute vitesse au fond de la baie.

En chemin, ils durent combattre plusieurs archontes d’eau, humanoïdes élémentaires venus d’un autre plan. Plus loin, ce fut un groupe de sahuagin menés par un prêtre du Dévoreur qui tenta de leur barrer le chemin, prétextant qu’ils ne devaient laisser personne se mettre dans les jambes de K’Shegla. L’unité d’hommes-poissons fut rapidement vaincue, tout comme plusieurs autres se trouvant entre l’ancien port et l’épave descendante du vaisseau de l’Alliance de la lumière.

Quand on arriva enfin en vue de la nouvelle épave, elle était déjà entourée d’une centaine de sahuagins qui tentaient tant bien que mal de percer la coque à l’aide de dagues et de tridents pour en extraire les derniers occupants. Sur le dessus du navire se tenaient deux prêtres de Dévoreur criant des ordres aux ouvriers. Il y avait entre les deux un elfe à la peau bleu pourvu de quatre bras et de dents aussi acérées que celles d’un sahuagin, un mélange étrange qui ne pouvait que décrire K’Shegla, le chef actuel des sahuagins de Stormreach.

Les héros s’en prirent rapidement au baron et à ses deux prêtres mais, pendant ce temps, une poignée de guerriers sahuagin avaient réussi à ouvrir dans la coque une brèche assez grande pour y entrer. Flèches et jets de lumière jaillissait régulièrement de l’ouverture, ramassant de temps en temps un sahuagin au passage, mais les diables des mers réussirent tout de même à attraper le bras d’une femme et à la tirer hors de la carcasse du vaisseau. Entourée de dizaines de sahuagins rendus fous par la vue et l’odeur du sang, Rupa cessa de se débattre après quelques secondes à peine.

Le temps que la mort d’un des prêtres laisse aux aventuriers l’occasion de se porter au secours direct des gens de l’Alliance, c’est le frère Mahdi qui subissait le même sort. De justesse, les héros s’interposèrent alors que les sahuagins commençaient à malmener le frère Bristol. Les trois leaders sahuagins vaincus et le chemin vers leurs proies inaccessible, les derniers guerriers battirent en retraite.

Flamberge, Myriam et les quelques acolytes survivants aidèrent les compagnons à transporter Bristol, de même que les dépouilles de Rupa et Mahdi jusqu’à leur ancienne taverne. Les deux logements du dessus étaient maintenant occupés par des géants de froid et le plancher du bar au sous-sol était recouvert d’une couche de glace de près d’un mètre, ce qui rendait le plafond beaucoup trop bas pour les gens comme Aolani et Flamberge. Il s’agissait toutefois sans doute de l’endroit le plus sécuritaire des environs pour le moment et dans tous les cas d’une bonne place où se tenir pour planifier la suite des événements.

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Le temps de partir
Où on dit au revoir à la ville de Sharn

Suite à la perte de leur aéronef aux mains des membres du Codex écarlate, les cinq alliés de l’Alliance de la lumière se mirent immédiatement au travail pour retrouver leur vaisseau et l’arme ancienne qui se trouvait à bord.

Aolani commença par réaliser un rituel de communication pour la mettre en contact avec Keptolo. Ce dernier avait résisté à la prise de contrôle du véhicule en se cachant au fond de la cale et en pigeant à l’occasion dans les abondantes réserves de provisions. Sans fenêtre dans la pièce où il se trouvait, il ne pouvait dire par où le vaisseau s’en allait, seulement qu’il avait pris vers le sud en quittant la ville des tours.

La principale source d’information arriva du gnome travaillant comme gardien sur les quais d’aéronefs. Bien que réticent au premier abord, il se laissa convaincre par les arguments de Dewdrop, aidée des talents naturels de Xanaph, et commença à cracher ce qu’il savait des nouveaux propriétaires du vaisseau. Alors que Rowan donnait un coup de main à la distraction, Valtrex allait dévaliser les classeurs du bureau pour retrouver les papiers d’embarquement du Codex.

Ces derniers indiquaient que Thalas et ses compagnons faisaient route vers l’île d’Aerenal pour rendre visite à la famille de l’elfe. Par contre, une enquête plus approfondie menant le groupe dans les boutiques et les auberges fréquentée par les membres du Codex au cours des derniers jours montra qu’ils planifiaient un voyage beaucoup plus long qu’un vol vers Aerenal, fort probablement un retour jusqu’à Stormreach ou ailleurs en Xen’drik.

Alors que les cinq compagnons fouillaient les chambres d’auberge laissées vacantes par les membres du Codex, ils furent interrompus par les membres marqués de la Compagnie de la roue noire qui les avaient interceptés à la sortie de l’Université Morgrave deux jours plus tôt. Ces derniers avaient eu vent de la disparition des Ailes de la prophétie et venaient demander par quel autre moyen les compagnons comptaient s’acquitter de leur part de l’entente conclue plus tôt. Quand les compagnons répondirent qu’ils n’avaient plus l’intention de collaborer, le leader des autres, un grand homme marqué du dracogramme de la sentinelle, ordonna à ses alliés de passer à l’attaque.

Le combat s’étendit rapidement à tout l’étage, puis au rez-de-chaussée de l’auberge, en bonne partie dû au fait que plusieurs des combattants se sont retrouvés projetés en bas de la mezzanine. Tandis que les employés de l’auberge se barricadaient derrière les comptoirs et que les clients fuyaient sans payer leur addition, les agents de la Compagnie, partis en force, perdaient peu à peu du terrain face à leurs adversaires au travail d’équipe supérieur.

Quatre des membres du la Compagnie gisant bientôt inconscients sur le sol et la cinquième s’étant enfuit, les compagnons ne demandèrent pas leur reste et, après avoir fait les poches de leurs derniers adversaires, ils quittèrent bien vite le quartier pour se mettre à l’abri des représailles de la Compagnie de la roue noire. Dans leur refuge temporaire, les compagnons réfléchirent à la meilleure façon de rattraper un aéronef en route vers Xen’drik avec déjà deux jours d’avance. Il était hors de question d’acheter ou de voler un autre vaisseau et toute collaboration avec la Compagnie de la roue noire était désormais à oublier.

Rowan et Valtrex se souvinrent alors de l’existence d’une monture capable de rivaliser en vitesse avec leur ancien vaisseau: le dragon-faucon d’Aundair. Ces majestueux reptiles à plumes ne sont utilisés que par les autorités d’Aundair et par les druides des confins d’Eldyne. Tandis qu’Aolani et Veltrex commençaient le travail d’assimilation des livres de rituels laissés derrière par les agents de la Compagnie, Dewdrop, Rowan et Xanaph partirent donc à la recherche de faucons-dragons quelque part sur le marché noir de Sharn.

Après plusieurs heures, elles apprirent l’existence d’un lieu appelé la Clinique d’herpétologie. Officiellement marchand et vétérinaire pour créatures reptiliennes, l’arrière-boutique débouchait supposément sur une réserve de monstres rares et sur une arène où les bêtes pouvaient se battre entre elles ou contre les visiteurs. Après de nombreux euphémisme et une généreuse donation, le trio fut autorisé à accéder aux pièces cachées. Là-bas, on vit nombre de reptiles beaucoup plus grand et dangereux que ce qui se trouvait à l’entrée, mais également des créatures intelligentes comme des yuan-tis et des drakkoths, êtres reptiliens à six pattes retrouvés en Argonessen et dans la jungle de Q’bara.

Bien que le maître de la ménagerie essayait de le cacher, Rowan réalisa qu’il avait les doigts de la main droite renversés par rapport à la normale. Était-ce là un signe qu’il s’agissait d’un rakshasa? Quoi qu’il en fût, il était prématuré de lui demander de sacrifier son âme éternelle pour une arme que les compagnons n’avaient même plus en leur possession. Xanaph s’acquitta donc des quelques milliers de pièces d’or nécessaires à l’acquisition de quatre dragons-faucons, une bonne partie de cette somme provenant des poches des agents de la Compagnie de la roue noire, et amenèrent les montures discrètement à l’extérieur de Sharn.

Pendant ce temps, Aolani et Valtrex prévoyaient éplucher les rituels contenus dans les livres de ces mêmes agents. Un d’entre eux avait piqué particulièrement leur attention. Contenu dans le grimoire de l’éladrine de la famille Phiarlann, il s’agissait d’un rituel permettant de raccourcir n’importe quel trajet en coupant, malgré les risques que cela implique, par Dollurh, le plan des ombres. En cherchant un endroit sûr où s’Inatller, elles tombèrent cependant sur une galerie d’art tenant une exposition d’hommage posthume à Anthroparaio. Organisée par les anciens mécènes de la méduse, Nantic et Dora Mroranon, l’exposition récoltait un succès fou. Avec ce qui se passait à Stormreach en ce moment, les deux nains avaient pris pour acquis que la peintre était déjà morte ou, du moin, qu’elle ne remettrait jamais les pieds au Khorvaire. Nantic Mroranon insinua doucement qu’il valait mieux de pas tenter d’aller la secourir.

Quoi qu’il en soit, Aolani et Valtrex réussirent à saisir les détails du rituel de voyage dans les ombres. En combinant les nouvelles montures et ce rituel, il devait théoriquement être possible d’arriver à Stormreach avec près de deux semaines d’avance sur l’aéronef du Codex écarlate, en supposant bien sûr qu’ils se dirigeaient bien eux aussi vers Stormreach.

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